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Amélie Nothomb, Riquet à la Houppe

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Une rentrée littéraire sans Amélie Nothomb, ce n'est pas vraiment une rentrée littéraire. Connu pour Hygiène de l'assassin (1992) et Stupeurs et tremblements (1999), l'écrivain belge est revenue en 2016 avec un nouveau roman rendant hommage à un des plus vieux genres littéraires : le conte.

Riquet à la Houppe ou encore la Belle et la Bête… le conte est friand des histoires qui allient un homme et une femme destinés, en apparence, à ne pas être compatibles pour finalement finir ensemble. Un homme d’une intelligence supérieure mais à la laideur repoussante et une jeune femme éblouissante de beauté mais ayant peu d’esprit, tel est le credo du conte de manière générale. 

 

« Riquet à la Houppe » repris ici par la plume de l’écrivant belge ne déroge pas à cette règle. Déodat est fort laid mais a un sens de l’observation et un intellect bien au-dessus de la normale. Trémière est d’une beauté inégalable mais son peu d’esprit lui vaut d’être la risée de tous. 

 

« Les gens ne sont pas indifférents à l’extrême beauté : ils la détestent très consciemment. » 

 

Leur point commun ? Tous deux sont des étrangers dans une société moderne mettant en avant l’apparat plus que l’esprit. Déodat, malgré sa laideur que personne ne peut ignorer tant elle est visible, équilibre sa vie par l’étude de l’ornithologie. La combinaison laideur-intelligence intrigue plus qu’elle ne dérange. Le sort de Trémière est différent cependant. Sa beauté étant irritante aux yeux du commun des mortels, même aux yeux de ses parents, elle sera finalement élevée par sa grand-mère qui lui apprendra la contemplation et l’art de la réponse en silence. Ainsi, elle finira par voir la beauté là où les gens du communs ne la voient pas. L'indifférence qu’elle éprouve face à sa propre beauté lui vaudra cependant d’être encore plus détestée par ses pairs.   

 

Malgré la réécriture moderne d’un conte existant depuis 300 ans, rien ne vient transgresser l’univers caractéristique de Nothomb. Les habitués savent que ses romans tournent autour de gentilles réflexions philosophiques et de protagonistes aux noms singuliers. Sans oublier l’évocation traditionnelle de la violence des pairs face à l’étrangeté qui ressort parfois de l’être humain.

 

L’amour, le rejet, l’image de soi, la confrontation aux autres, l’amitié, la famille… Autant de thèmes abordés dans ce conte pour adulte avec pour fil conducteur … les oiseaux que Nothomb qualifie de « sans grand rapport avec notre race et pourtant sans lui être exagérément étrangère, l’espèce aviaire accomplissait ce prodige d’une civilisation parallèle, d’une coexistence pacifique. »  

 

Le récit n’est pas forcément original mais on ne lit pas du Nothomb pour son originalité littéraire mais plus pour ses personnages attachants et ses histoires au vocabulaire dense et atypique.

 

Malgré le trait d’écriture « nothombien » de plus en plus exagéré, voire même forcé par moment, Riquet à la Houppe reste à lire parce qu’au final, on demande tous des histoires qui se terminent en happy ending. 


 

 

Anneli Cousinet



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