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Entrevue avec le nouveau doyen de la faculté de droit Philippe Nélidoff

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A la suite de son élection par le conseil de la faculté de droit le 18 avril 2017, le Professeur, et désormais Doyen, Philippe Nélidoff a accordé une entrevue au Décodé pour partager avec les étudiants ses projets pour la faculté de droit.

Le Décodé : Bonjour Monsieur Nélidoff. Le Décodé a la chance de vous rencontrer pour la première fois en tant que doyen ! En quelques mots pour nos lecteurs, pourriez-vous nous présenter votre parcours ?

 

Philippe Nélidoff : Bonjour ! Mon parcours a commencé à l'UT1 en 1979, avec la licence puis la maîtrise en droit privé, suivi d’un DEA en histoire du droit et d’un DEA en droit pénal sciences criminelles. Ensuite j'ai réalisé ma thèse sur la municipalité de Toulouse pendant la période révolutionnaire de 1788 à 1795 sous la direction du professeur Sicard soutenue en 1990. L'année suivante, j’exerce en tant que maître de conférences en histoire du droit à Toulouse. En 1994, je suis agrégé en Histoire du droit et nommé à l'Université Lille 2. Enfin je suis revenu ici en 2000. Jusqu'à présent je dirige le Master  d'Histoire du droit. De même, j'ai été le directeur du département juridique du centre Champollion (droit et AES) de 2002 à 2012  et je suis membre du CNU depuis 2011. Membre du conseil de la faculté de droit depuis 2006, j’y ai participé comme  assesseur à plusieurs reprises sous le doyen Beignier puis le doyen Kenfack. Le 18 avril dernier, j'ai été élu à la tête de cette grande faculté !

 

 

Le Décodé : A ce sujet, comment se déroule l'élection décanale ?

 

Philippe Nélidoff: Nous avons un Conseil de faculté élu tous les 4 ans, et un doyen élu tous les 5 ans, il n'y a donc pas de superposition des deux mandats, contrairement à l'élection de la présidence de l'université élue par le conseil d'administration. Pour nous, c'est un peu différent : le conseil de faculté qui m'a élu a débuté son mandat en 2014 et le terminera en 2018. Et c'est ce conseil qui tous les 5 ans élit le doyen. Il est composé de 10 membres professeurs d’université, 10 membres maîtres de conférences et autres enseignants-chercheurs, 3 élus de l'administration, 9 élus étudiants et enfin 8 personnalités extérieures Cet ensemble va élire le doyen à la majorité absolue au premier et au deuxième tour, et à la majorité relative au troisième tour. Le conseil de Faculté joue un rôle important. Il sera renouvelé en février prochain et l’un de mes objectifs sera d’atteindre un taux de participation supérieur au passé  et notamment du côté des étudiants.

 

 

Le Décodé : Quelles ont été vos motivations pour candidater au poste et comment envisagez-vous la mission de doyen ?

 

Philippe Nélidoff : Le doyen est là à mon avis pour faire en sorte que la faculté fonctionne bien, qu'elle réponde à ses grands objectifs, aujourd'hui complexes par rapport à autrefois. Il faut tout d’abord transmettre aux étudiants les connaissances juridiques de base notamment à travers la licence, socle commun de tous les juristes, celles plus spécialisées à travers les masters dont l’offre a été diversifiée, bien que la véritable spécialisation se fasse avec la vie professionnelle. Puis, il faut donner un recul aux étudiants sur ce qu'ils apprennent sur le raisonnement juridique et  l'aspect historique également, avec l'ouverture aux autres droits, une véritable culture juridique et générale. Il faut profiter aussi de ce temps en faculté pour que les étudiants s'intéressent à la vie de la société, à l'engagement citoyen. J'aimerais beaucoup développer et valoriser cet engagement sous diverses formes comme le soutien scolaire, aux personnes handicapées, pour les étudiants étrangers ainsi que la valorisation de l'engagement des élus étudiants. Bien entendu, il faut aussi préparer à l'insertion professionnelle. Après avoir rencontré beaucoup de représentants des métiers de la justice, j’estime nécessaire de renforcer les liens vers ces professions, de s'appuyer sur leurs expériences pour améliorer nos formations. L'apport des professionnels du droit serait riche pour nos étudiants. Il y a bien des choses à faire évoluer sans nuire aux fondamentaux.

Sur mon rôle en tant que doyen, je voudrais revenir sur la cohésion de la faculté de droit. On a vu apparaître ces dernières années  de nouvelles organisations en dehors de la faculté de droit. Le doyen apparaît comme le bonus pater familias, Il doit être le garant de l'unité familiale de la faculté. Au-delà des cursus licence et  master, il ne faut pas oublier l'école doctorale de droit et de science politique mais également l'école européenne de droit avec de nouvelles formations et l'utilisation de l'anglais dans des licences ou des bi licences. De même avec l’IEJ, le CSD, l'institut de droit pénal et de sciences criminelles ainsi que les DU à unifier et rendre cohérents. Les enjeux actuels amènent à garantir à la fois la cohésion et l'ouverture de la faculté de droit. La faculté de droit de Toulouse est un modèle, nous sommes capables de réussir. A travers mon projet, je veux incarner un esprit de rassemblement dans le respect des diversités, à l’instar de la devise européenne « Unis dans la diversité » et éviter la dispersion. Ce sera l'un de mes grands objectifs, à décliner aussi en matière de recherche.

 

 

Le Décodé : Pour garantir cette unité dans la faculté, avez-vous des pistes pour la rassembler autour d'un projet pour l'avenir ?

 

Philippe Nélidoff : En prenant mes fonctions le 11 mai, je souhaite renforcer l’esprit d’équipe au service de la Faculté. Le doyen ne peut s'occuper de tout. Nous avons la grande chance de pouvoir nous appuyer sur une administration très efficace. Nous allons travailler à une meilleure structuration du travail de secrétariat, de la gestion administrative et financière, de la communication. Je souhaite également mettre en place une véritable équipe de direction validée par le Conseil de Faculté sur des postes stratégiques. Non seulement un premier assesseur mais en plus des membres avec des attributions spécifiques : un collègue sur les relations études/ scolarité licence master, un autre pour les questions de recherche, les centres de recherche et l'IFR, un autre pour les partenariats et  un dernier pour la politique internationale. Je vais maintenir ce qui a été créé au mandat précédent soit un assesseur étudiant pour garder l'interface avec les élus étudiants. Aussi je veux mettre en place un référent pour les doctorants.  Ils ont des problèmes spécifiques car ils ne sont plus tout à fait étudiants mais pas recrutés en tant qu'enseignants chercheurs - ils font beaucoup pour la faculté (TD, examens, colloques). J'ai demandé un état des lieux sur le sujet. Beaucoup de doctorants sont dans une situation précaire, il faut améliorer leur situation. Nous verrons les marges de manœuvre possibles pour résoudre cette situation. Je souhaite que l’on prenne conscience que nos doctorants sont une richesse pour notre Faculté. Ce sera un chantier prioritaire, comme je m’y suis engagé.

 

 

Le Décodé : Pour les étudiants, vous écrivez dans votre programme vouloir orienter la faculté vers « l'intérêt pédagogique des étudiants », en quoi cela consisterait ?

 

Philippe Nélidoff : Par exemple pour le régime spécial, je suis persuadé qu'il n'est pas dans l'intérêt d'un étudiant en bénéficiant de n'avoir aucun TD, aucun encadrement pédagogique. En cochant la case contrôle continu, il est possible actuellement de reporter automatiquement la note de l'examen final à celle du contrôle continu, s'il a 8 à celui-ci, il aura 8 pour le contrôle continu, ce n'est pas dans son intérêt. De même, je m’interroge sur les réductions des volumes horaires des Cours et des TD. Pour les Cours,  le volume horaire a été réduit passant de 36 à 30h pour les masters, et de 36 à 33h en licence. On a réduit le nombre des TD. Certes, on a fait des économies mais est-ce vraiment l’intérêt pédagogique des étudiants alors même que le contenu des matières a tendance à augmenter, par exemple dans l’examen d’entrée dans les Ecoles de formation des avocats ?

 

 

Le Décodé : D’ailleurs, pour les étudiants salariés vous aviez également des propositions ?

 

Philippe Nélidoff : Après consultation des élus étudiants, l’idée de réduire la base horaire (étant d’un demi temps plein minimum) pour avoir accès au régime spécial a été abordée. Il y a également la question du suivi. De même, il faut réfléchir aux situations des étudiants sportifs, des double cursus, des chargés de famille. On ne peut faire du sur-mesure bien que cela serait souhaitable. La solution pourrait venir de la voie numérique avec les cours à distance. Ce qui permettrait à un étudiant malade de pouvoir le suivre également. Ce que les élus étudiants souhaitaient c'était également la mise en ligne systématique des cours. Or l'on se heurte à la liberté pédagogique des professeurs ainsi qu'à l'égalité des conditions de travail des étudiants. Si l'on ne peut empêcher cette mise en ligne officieuse avec des erreurs, on pourrait la contrôler. Cela revient aux professeurs de les publier sur la base du volontariat. Dans le système à l'américaine, les cours sont étudiés chez soi puis explicités et détaillés avec le professeur. Tout système a ses avantages et ses inconvénients. Est-ce que cette mise en ligne ne serait pas plus opportune pour les premières années, pour les masters, pour certains cours ? On peut imaginer un système à la toulousaine, propre à notre environnement et à notre vision de l'enseignement. Tout en respectant la liberté d’enseignement de chaque collègue, nous devons progresser dans l’innovation pédagogique dans nos disciplines juridiques. Il faut également rétablir les syllabus pour la rentrée prochaine.

 

 

Le Décodé : Merci à vous pour cette entrevue, avez-vous un dernier mot pour les vaillants étudiants bravant les partiels ?

 

Philippe Nélidoff : Je souhaite qu’ils comprennent que tout ce qu'on essaie de faire est dans leur intérêt, pour améliorer leurs conditions de travail, leur réussite et leur insertion professionnelle. Et pour faire en sorte que leurs diplômes soient solides. Dans les relations entre la faculté et les étudiants, le doyen n'est pas inaccessible mais il ne peut accueillir toutes les requêtes. Par contre, le doyen doit être le garant d’une bonne coordination des activités d’enseignement et des jurys d’examen ainsi que du respect de l'égalité de traitement des étudiants. Je souhaite renforcer le rôle effectif des responsables pédagogiques par niveau. En cas de problèmes, l'étudiant s'adressera à la scolarité. Si ce n'est pas réglé, il s'adressera au responsable pédagogique de son niveau, si ce responsable ne peut le résoudre, il y aura toujours l'assesseur responsable des formations et enfin le doyen. Je crois beaucoup à l’organisation rationnelle du travail et au principe de subsidiarité. L’université repose pour moi sur le double principe de liberté et de responsabilité.

 

 

Le Décodé : Merci pour avoir accordé ce temps à notre journal Monsieur le Doyen, le Décodé vous souhaite un excellent quinquennat.

 

Propos recueillis par Julien Vilar



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