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Le terrorisme dans nos vies

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Quel impact ? Quel avenir ?

Qu’entend-on nous par terrorisme ? Terrorisme du latin « terror » la « terreur » est un phénomène difficile à définir. Les organismes internationaux comme l’ONU ne sont pas arrivés à trouver un consensus pour lui accorder une définition générale. Beaucoup de chercheurs ont recensé plus de 200 définitions. Dans la plupart des cas, deux idées générales se dégagent. La première nous dit que le terrorisme c’est « la guerre du pauvre. Il s’agit des groupes armés pratiquant la guérilla urbaine en vue de faire naitre une véritable révolte des masses ». La deuxième nous dit qu’il s’agit plutôt de la « propagande par le fait (théorisée dès 1881) : par la violence, l'auteur cherche à radicaliser les rapports de force entre dominants et dominés (ou occupants / occupés), forcer les ennemis à dévoiler leur visage répressif, créer une solidarité dans son camp ». 
Quoi qu’il en soit, aujourd’hui ce phénomène est très présent. Beaucoup des pays en Europe et ailleurs sont concernés. 
 
Ainsi comme le résume l’historienne Jenny Raflik « Depuis le 11 septembre 2001, le terrorisme n’a pas seulement bouleversé l’histoire des Etats-Unis, il est entré dans nos vies ». En France depuis les attaques qui ont touché Toulouse et Montauban en mars 2012 les attentas ne s’arrêtent pas. Pour citer les plus accablantes rappelons Charlie Hebdo en janvier 2015, les attaques du 13 novembre 2015 à Paris, le 14 juillet à la Promenade des Anglais à Nice et plus récemment ceux du 1er octobre 2017 à Marseille. Ces attentats dont la plupart sont revendiqués ne concernent pas seulement les victimes. Si vous êtes privilégié et que jamais vous avez eu l’occasion de vivre de tels épisodes et que vous croyez que cela ne vous concerne pas alors vous avez tort. 
Cela nous concerne parce que tout d’abord nous vivons en société. Ainsi quand ces types d’évènements se produisent cela signifie qu’il y a un grave défaillance dans notre collectif. Les personnes qui perpètrent ces attentats ont une histoire qui les a amenés à faire ce choix. Nous sommes concernés non seulement d’un point de vue social, lequel il faut le dire est essentiel, mais aussi sur le plan budgétaire et juridique. 

En effet, la France depuis 2013 a déployé beaucoup de ressources humaines, juridiques et financières pour ce que le gouvernement appelle « la lutte contre le terrorisme ».  Dans ce sens le gouvernement a adopté trois lois. D’après lui « Elles ont tout à la fois aggravé les mesures répressives, étendu l’application du code pénal aux infractions de nature terroriste commises à l’étranger par les ressortissants français ou par des étrangers résidant habituellement en France, introduit dans le droit français des mesures de police administrative novatrices en matière d’accès ou de sortie du territoire ou sur les contenus illicites des sites Internet ».
 
De plus depuis 2014 un plan d’actions contre la radicalisation a été adopté. Ainsi « le 9 mai 2016, un plan de 80 mesures pour lutter contre la radicalisation et contre le terrorisme a été présenté, avec notamment la création d’un centre de réinsertion et de citoyenneté par région d’ici fin 2017. Le premier Centre de réinsertion et de citoyenneté ouvrira le 1er septembre 2016 en Indre-et-Loire ». Nous pouvons constater qu’à part la déclaration de l’état d’urgence d’autres mesures législatives ont été prises. Mais qu’en est-il des mesures financières/budgétaires ? Soyons plus précis. 
Le projet de Loi des finances pour l’année 2018 adopté le 27 septembre 2017 réparti le budget de l’Etat sur 30 missions. Pour des raisons de simplicité nous avons décidé de choisir celles bénéficiant des plus importants budgets. Ainsi les résultats sont les suivants : Données du PLF 2018.

Il faut préciser que « les plafonds de crédits alloués aux missions du budget général de l'État ne peuvent pas excéder le plafond présenté précédemment ». Or il faut de même rappeler que chaque année il y a un projet de loi de finances rectificative qui a priori peut faire évoluer ces dépenses. 
Pour l’exercice budgétaire de 2018 les dépenses de l’Etat sont estimées à 386,3 milliards d’euros. Comme nous pouvons le voir dans le graphique, le budget de l’État accorde une part très importante à l’enseignement scolaire, qui devance celui de la défense malgré une croissance plus rapide de ce dernier. A contrario celui de la solidarité, insertion et égalité des chances ainsi que celui du travail et emploi ne fera que baisser. Il existe alors un certain compromis entre la dépense en défense et dans les autres missions de l’État. Mais avec la menace toujours latente de perpétration des attentats terroristes une telle augmentation du budget accordé à la défense peut se justifier. 
 
Dans ce contexte il faut rappeler que commettre un attentat terroriste la plupart de temps est issu d’un travail de radicalisation. Qu’est-ce que la radicalisation ? D’après le CAPRI (Centre d’action et de prévention contre la radicalisation des individus) "La radicalisation est [...] le fait de soutenir ou d'envisager des actions violentes en soutien à une idéologie, qu'elle soit religieuse, politique, ou séparatiste…"

Il s’agit donc d’imposer une idéologie en utilisant la violence. Comment lutter contre cette radicalisation ? Comme nous l’avons montré précédemment en France un projet de création de maison de citoyenneté et réinsertion est en cours d’application. Dans ce sens le budget dédié à l’enseignement scolaire et à la recherche et l’enseignement supérieure est très élevé et ne fera qu’augmenter ou du moins rester stable et cela participe à la lutte contre la radicalisation. Cela montre que des efforts de fond sont réalisés. Mais il faut rester vigilants. En effet, le budget de la mission travail et emploi ne fera que baisser (moins 17% d’ici à 2020). Ce qui pourrait causer des problèmes à moyen ou long terme et réduire les effets bénéfiques de l’augmentation du budget de l’éducation. Les politiques budgétaires ne devraient pas favoriser une mission au détriment d’une autre.

La lutte contre la radicalisation doit se faire par de politiques de moyen et long terme. Il faut aller dans le vif du sujet. Aujourd’hui la France déploie des efforts, notamment avec le poids accordé au budget de la défense, à la recherche et l’enseignement. Néanmoins il va falloir continuer à réfléchir sur des stratégies de long terme permettant peut-être un jour de ne plus avoir de radicalisation « religieuse » laquelle est aujourd’hui au cœur des attentats terroristes. 

Trouver un compromis entre le budget accordé aux missions semble nécessaire. D’une part pour pouvoir toujours faire face à la menace terroriste et pour attaquer de fond le problème de la radicalisation. D’autre part pour ne pas créer d’autres maux au sein du pays. 

 
Magda Mojica. 
 
 
 
 
Bibliographie :
 
- CEDEF, 02/10/17 « Où trouver les chiffres clés du budget de l’État ? » En ligne ici.
 
- Le Figaro, Paolini Esther, Mareschal de Edourad, 01/10/17 « Terrorisme de 2012 à 2017, la France durement éprouvée ». En ligne ici.
 
- Le Figaro, Constance Jamet, 19/07/2016 « Pourquoi il est si difficile de définir le terrorisme ? » En ligne ici

- Le Monde idées, Chemin Anne, 15/11/16 « Comment définir le terrorisme ? » En ligne ici.

- Ministère de l’action et des comptes publiques. Direction du budget, 27/09/2017
 « Présentation du projet de loi de finances pour 2018 et du projet de loi de programmation des finances publiques 2018-2022 » En ligne ici.

- Raflik Jenny « Terrorisme et mondialisation. Approches historiques » Gallimard, 416 pages.
 

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