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Présentation de l’Association TERRA

« L’humanitaire est un dépassement de soi, ainsi qu’une prise de conscience. Il ne faut pas hésiter et se demander «  qu’est-ce que je vais pouvoir apporter ? » car on ne peut rien faire seul. C’est avec l’aide de chacun, peu importe ses compétences, peu importe son vécu que l’on construit. Si vous êtes intéressé par l’humanitaire, c’est une expérience hors du commun et une opportunité pour la jeu
TERRA, Ton Engagement, Réagir et Réaliser en Afrique, est une association qui a vu le jour le 25 mai 2017. Fondée par 4 étudiantes en troisième année de droit, l’association a pour but de former et sensibiliser les burkinabés aux gestes de premier secours. Rencontre avec Manel, 23 ans,  présidente de l’association et membre à l’origine du projet. 
 
 
Le Décodé : Avant de parler de TERRA, peux-tu nous parler de ton parcours et de ton choix de faire du bénévolat ? 
 
TERRA : J’ai commencé à faire du bénévolat et de l’humanitaire pour la simple raison que j’ai baigné dans ce milieu depuis mon plus jeune âge, notamment grâce à ma grand-mère qui a été haute fonctionnaire aux Nations Unies.  Ma maman, qui était institutrice a également fait beaucoup de bénévolat. C’est donc un choix qui m’est venu naturellement. La création de l’association en 2017 a débuté en raison de mes rencontres avec des personnes à qui j’ai pu faire confiance et avec qui je me sentais prête à entamer un projet humanitaire. Professionnellement, je suis en parallèle de mes études, directrice d’accueil collectif de mineur pour la mairie de Toulouse, ce qui consiste à travailler avec des enfants en période de vacances ; Je suis également secouriste depuis plusieurs années. 
 
 
Le Décodé : TERRA c’est quoi ? 
 
TERRA : TERRA est une abréviation de « Ton Engagement, Réagir et Réaliser en Afrique » ce qui était un peu long pour un nom d’association. Le choix du nom fait aussi référence à la terre et la nature. Nous avons choisis le baobab comme logo pour notre association, qui est à la fois l’emblème du Burkina Faso et symbolique de valeurs écologique que nous soutenons. L’objectif de l’association est de sensibiliser et former au secourisme le personnel des dispensaires, hôpitaux et des orphelinats. Nous avons pour projet futur d’étendre notre champ d’action à la population civile dans la mesure du possible. L’association se destinait à ses débuts à lutter contre la malnutrition infantile en soutenant la culture de la spiruline, une algue aux vertus nutritives. Cependant, il nous était compliqué d’intervenir dans ce domaine car nous n’avons pas de compétences dans l’agro-alimentaire. L’objectif s’est défini en étudiant et en écoutant les demandes spécifiques de la population dans le domaine du secourisme, que nous avons ainsi pu relier à nos propres capacités. Moi-même étant secouriste, et les filles étant intéressées par cette activité, nous nous sommes alors lancées. Nous travaillons ainsi toute l’année en France sur des postes de secours afin d’être prêtes pour notre intervention en Juin au Burkina Faso. 
 
 
Le Décodé : Pourquoi le Burkina Faso ? 
 
TERRA : Le choix du Burkina Faso s’est imposé de lui-même au  fur et à mesure de la construction de l’association. Au fil de mes recherches,  je suis entrée en contact avec différentes associations se trouvant au Sénégal, au Togo… Une des premières associations avec lesquelles nous avons pu établir un partenariat intervenait alors au Burkina Faso. A partir de là, j’ai été mise en relation avec le président d’une autre association luttant contre l’analphabétisation, et qui m’a beaucoup parlé de ce pays. J’ai alors pu avoir un meilleur aperçu de la réalité et des difficultés rencontrées par les burkinabés. Nous avons ainsi été sensibilisées spécifiquement à la situation de ce pays et avons pu établir un réseau avec différentes associations déjà présentes au Burkina Faso. 
 
 
Le Décodé : Une fois sur place, quel sera votre programme ? 
 
TERRA : En ce qui concerne le déplacement nous prendrons l’avion jusqu’à la capitale à Ouagadougou. Nous serons logés dans un couvent, puis dans un centre international pour bénévoles. Nous partons avec un instructeur habilité à délivrer des diplômes et certificats de secourisme. Le matériel que nous emporterons sera issu de la Protection Civile, et que nous utilisons déjà dans le cadre de nos interventions en Ariège. Sur place nous souhaiterions faire un  travail d’observation afin de mieux définir ce que les gens peuvent attendre de nous et ce qu’on peut leur apporter. L’Afrique est un continent différent du notre, les modes de vie n’étant pas les mêmes et les conditions de vie souvent difficiles. Il faut savoir que le Burkina Faso possède un des indices de développement les plus faible du continent, et que la population est en proie à une forte pauvreté. De même, les burkinabè parlent plusieurs langues. Nous ne voulons en aucun cas les brusquer et leur imposer notre présence. Il est prioritaire pour nous d’inscrire notre intervention dans le cadre d’un échange. Concernant le secourisme, nous collaborons avec la  Fédération Nationale de Protection Civile afin d’établir un  référentiel de premier secours  franco-burkinabè. Il est nécessaire de  nous adapter un maximum à la situation, aux structures du pays et rendre la formation accessible aux locaux  avec qui nous allons travailler. En ce sens, nous prioriseront aussi les formations en fonction des besoins et des possibilités des burkinabè qui ne disposent pas toujours du matériel nécessaire à tous les types d’interventions.  
 
 
Le Décodé : Comment fonctionne l’association ? 
 
TERRA : Je suis la présidente de l’association et Emma Piot la vice-présidente. La trésorière de l’association est Louise Monneret et Fanny Pons  est en charge du rôle de secrétaire général. Nous avons plusieurs bénévoles certains issus du milieu étudiant et d’autres y étant complètement extérieurs. Nous nous voulons ouvertes à tous, la diversité des compétences est la bienvenue. Nous ne sommes encore qu’une petite association mais nous avons l’ambition de devenir plus grande. Il était alors important d’établir un fonctionnement clair reflétant notre implication au sein de l’association. Notre objectif à plus court terme est de partir à Ouagadougou ainsi qu’à Koudougou en juin 2018 pour une durée d’environ 3 semaines.
 
 
Le Décodé : Bénéficiez-vous d’aide au financement ou de subventions ? 
 
TERRA : Une partie du voyage sera financée avec nos propres moyens. Ce déplacement humanitaire est à l’origine une initiative personnelle, nous estimons alors qu’il est naturel de mettre de l’argent de sa poche. Après, nous sommes étudiantes. Et qui dit étudiantes dit peu de moyens. Nous avons ainsi mis en place des financements participatifs à travers la vente de tote-bags avec le logo de l’association au prix de 5 euros. Nous faisons aussi des récoltes de dons, et des conférences sont prévues tout au long de l’année où nous présentons et expliquons notre projet afin de faire connaître l’association. Concernant les subventions, nous avons déposé plusieurs dossiers au Crous et à la région Occitanie et auprès d’autres partenaires soutenant les initiatives étudiantes. Ses demandes sont actuellement en cours. Nous souhaiterions également pourquoi pas, travailler avec des sponsors d’entreprises, notamment les magasins d’alimentation  biologique de Toulouse qui pourraient nous soutenir dans la vente de tote-bags. Ces magasins sont souvent sensibles à nos démarches humanitaires et en accord avec des principes environnementaux  auxquels nous tenons.
 
 
Le Décodé : Quels futurs projets pour l’association ? 
 
TERRA : En plus du volet concret affilié au secourisme, nous souhaiterions mettre en place un volet juridique à partir de la rentrée 2018. Nous souhaiterions sensibiliser les élèves de la faculté de droit et de science politique aux droits des femmes, de l’enfant  ou encore du travail. Ces sujets étant sensibles, nous voudrions mettre en place des ateliers de droit comparé afin d’amener les étudiants d’UT1 à s’interroger sur les problématiques sociales et économiques burkinabè. 
 
 
Le Décodé : Un mot pour les étudiants qui hésiteraient à se lancer dans l’humanitaire ? 
 
TERRA : Notre association est ouverte à tous y compris aux étudiants. Il n’y a pas d’âge pour se lancer dans l’humanitaire et  je pense qu’il faut aussi se dépasser et dépasser cette idée. L’humanitaire est un dépassement de soi, ainsi qu’une prise de conscience. Il ne faut pas hésiter et se demander «  qu’est-ce que je vais pouvoir apporter ? » car on ne peut rien faire seul. C’est avec l’aide de chacun, peu importe ses compétences, peu importe son vécu que l’on construit. Si vous êtes intéressé par l’humanitaire, c’est une expérience hors du commun et une opportunité pour la jeunesse. 


 
Propos recueillis par Pauline Dublanchet.
 
 

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