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Touch of grand

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Qu’est-ce que le touché de la grandeur ? Pour Lise Dehlinger, créatrice du webzine Touch-of-Grand (magazine en ligne) ce sont des graffs sur un train, une fresque sur un bout de murs, des baskets sur le bitume.

On aura vu ces dernières années la street culture toucher de sa grandeur la mode et l’art sous toutes ces formes. Paradoxe pour un mouvement artistique longtemps marginal, aujourd’hui en pleine démocratisation. Rencontre et discussion autour de la street culture, ses évolutions, son hipsterisation et sa réappropriation

 

Le Décodé : Comment est né TOG (touch of grand) ?

 

Lise D. : J’ai commencé à blogger à l’âge de 15 ans, j’avais ouvert mon blog mode en 2010. Quelques temps après j’ai été recrutée par un autre webzine qui s’appellait Le Bruit des Glaçons pour animer une section mode. On faisait quelques shooting pour eux, mais c’était plutôt orienté trentenaire-lifestyle. Du coup, en compagnie de la fille avec laquelle j’étais dans ce projet on a eu l’idée de monter notre propre webzine spécialisé mode, surtout qu’il n’y en avait pas encore en 2012-2013.  J’ai donc un peu lâché mon blog personnel pour me consacrer à TOG. Cette fille ne m’a finalement pas suivie, mais j’ai pu compter sur un ami graphiste (François-Xavier Jamin) pour créer une identité visuelle ainsi que Juliette Boniau-Raymond qui m’a aidée à tout mettre en place et à recruter les rédacteurs. Ensuite Nastasia Chetritt nous a rejoints en tant que chroniqueuse. Elle est aujourd’hui devenue mon bras droit et a grandement contribué à maintenir et faire vivre TOG. Avec nos études le développement de TOG a été compliqué à gérer, au départ on était vraiment beaucoup avec vingt rédacteurs. Désormais on est une petite dizaine, mais il y a pas mal de turn over avec beaucoup d’étudiants en droit.

 

Le Décodé : D’où vient ton goût pour le street wear ?

 

Lise D. : Je viens d’une famille où ma mère et ma grand-mère aiment beaucoup s’habiller, ce qui a sans doute fait que j’ai toujours été attirée par le milieu de la mode. C’est en grandissant, au travers des rencontres que j’ai pu faire - notamment pour l’aspect street culture durant le collège - que tout ça s’est précisé. Initialement je n’ai pas du tout une culture street, hormis le graff qui a toujours été plus ou moins présent dans ma vie, avec Paris ses bouchons sur le périph’ où les graffs sont très présents et qui m’ont toujours été familiers. Mise à part cela, ce sont vraiment mes rencontres, comme mon copain de l’époque, qui ont orienté mon goût pour la street culture. Mais il est vrai que je suis plutôt issue de la culture rock, et c’est en grandissant que j’ai pu vraiment apprécier et découvrir ce milieu très riche et en constante évolution.

 

 

Le Décodé : TOG c’est quoi ?

 

Lise D. : Nous sommes le premier webzine toulousain sur la street culture en général, et axé mode homme. On a préféré se consacrer sur l’aspect mode masculine car il y’a déjà beaucoup de choses concernant la mode féminine. De plus, le street wear est plus accessible chez les hommes, car tout ce qu’on peut trouver dans le placard féminin  street est issu d’attributs masculins. Ensuite avec TOG, on essaye vraiment d’avoir une portée locale en écrivant sur des lieux qu’on aime bien, des boutiques qui ouvrent à Toulouse etc. récemment on a créé « whats up toulouse » qui est une rubrique qui suit des boutiques déjà installées connues dans le milieu et qui évoluent. On essaye de coller à Toulouse bien que l’on ait des chroniqueuses sur Paris, qui reste la ville la plus productive culturellement en France.  Aussi on essaye avec TOG de montrer ce qu’il se passe à l’arrière de ces boutiques et de donner une visibilité aux gens travaillant dans ce milieu qui proposent ces produits. Sinon , TOG est ouvert à tous ceux qui s’intéressent à la street culture et à l’art dans son ensemble. Ce qui fait qu’on a des lecteurs de 15 à 35 ans. En bref, on trouve des articles, de bonnes adresses toulousaines, des petits guides, des articles de voyage, d’art, de graff, et sur le street wear en général  pour l’aspect mode. Récemment on a lancé aussi des posts sur la technologie qui est une thématique qui nous tient à cœur.

 

 

Le Décodé : On observe depuis un temps une vrai hype autour du street art qui se décline dans beaucoup de domaines. Comment se situe TOG ?

 

Lise D. : Avec Touch of grand on a voulu vraiment casser ce côté élitiste qu’il peut y avoir paradoxalement dans la street culture. À une époque tout le monde s’en moquait, mais depuis quelques années il y a eu une hype autour de la street culture et tout une communauté de bonhommes insupportables s’est formée, et s’est regroupée dans des cercles fermés allant jusqu’à juger les gens sur leur style vestimentaire. Selon moi cette situation casse complètement avec l’esprit street du départ. Au niveau du steet art et du graffiti c’est vrai que ça a toujours été des milieux assez fermés. Nous, avec TOG, on a voulu ouvrir ça. C’est pour ça qu’on a voulu avoir un nom « pompeux » pour parler de culture street et la rendre accessible. Cependant il ne faut pas oublier que la «  chicisation »  du street wear avec notamment le changement de ligne de Balenciaga ou la collaboration Supreme x Loiuis Vuitton et plus largement les grands couturiers qui s’approprient le street wear comme Chanel, est un phénomène assez récent.

 

 

Le Décodé : «  les gens reprochent au street art d’être laid, irresponsable et puéril mais ce n’est vrai que si il est bien fait» selon Banksy. Que t‘inspire cette phrase ?

 

Lise D. : J’ai du mal avec le street art , je suis plus accès sur le graffiti. C’est d’ailleurs notre fer de lance chez TOG de vouloir différencier les deux ! Comme le dit l’artiste TILT « le street art c’est un peu le côté marketing du graff », personellement je suis vraiment d’accord avec ce point de vue.

 

 

Le Décodé : Le street wear se serait hypsterisé selon toi ?

 

Lise D. : Le Street art est devenu un peu la street cred du bourge. Le street wear en général a en fait été prévu par les bureaux de tendance depuis déjà quelques temps au niveau de la mode ; plein d’enjeux font qu’aujourd’hui les créateurs ont besoin d’une street cred pour attirer un public toujours plus vaste. Mais c’est aussi à mettre en lien avec un changement de société. Aujourd’hui tout le monde est en baskets, et adopte un style plus décontracté et urbain.  En tout cas cet aspect là  se vérifie au niveau du street art qui s’est vraiment démocratisé. C’est bien dans un sens, mais ça dénature l’esprit dans un autre, par exemple les œuvres de Banksy doivent-elles être protégées ou pas ?  Ça amène des dérives folles , des gens vont aller prendre des bouts de murs entier pour avoir ses œuvres et les vendre pendant que d’autres vont les protéger avec des plaques en plexi. Du coup, pourquoi protéger une œuvre censée être éphémère ? Et puis il y a un gros point de droit là-dessus, on ne sait pas vraiment encore à qui la propriété revient dans le cas du graffiti. Ainsi Le graff soulève beaucoup de questions.  De base les graffeurs c’est un peu des punks, mais aujourd’hui il y a une multiplicité de profils. Il y a des artistes comme Maxime Drouet qui peint sur des trains et en extrait les vitres; i se considère comme graffeur en revanche d’autres, comme Gorg 1, font des fresques à la bombe mais ne se considèrent pas comme graffeurs car ils ne viennent pas de la culture graffiti. C’est un milieu compliqué mais très riche où on trouve plein de gens qui font des choses différentes allant du vandale à des fresques murales ou à des œuvres toujours plus innovantes.

 

 

Le Décodé : Un petit mot pour les étudiants qui seraient intéressés par le sreet wear  ?

 

Lise D. : Lisez nous ! si jamais des étudiants souhaitent écrire on a un beau formulaire de contact, n’hésitez pas à nous proposer des papiers même de manière ponctuelle. Et surtout sortez un peu de vos études c’est important !

 

 

Le Décodé : Merci Lise pour cette entrevue et bon courage. Quant à vous chers lecteurs du Décodé, essayez de contacter Lise pour aider son beau projet !

 

 

www.touch-of-grand.com

redaction@touch-of-grand.com

twitter/instagram : @touchofgrand

 

Propos recueillis par Pauline Dublanchet 


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