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TRUMP, ennemi public n°1 de la planète ?

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Lors de sa campagne, Donald TRUMP s'était affiché comme un climatosceptique, décriant les règlementations environnementales comme des atteintes à l'emploi et au commerce américain

Au pouvoir depuis janvier 2017, le président à la tête du deuxième pays le plus pollueur du monde, a déjà pris de nombreuses mesures portant atteintes à la lutte contre le réchauffement climatique et détruit plusieurs avancées prises par son prédécesseur. Retour sur neuf mois d’atteintes à l’environnement.

 

Janvier 2017

A peine élu, le 45ème président des Etats-Unis a nommé Scott Pruitt à la tête de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), qui a pour mission de mettre en oeuvre les législations environnementales concernant la  protection de l’air, de l’eau et de la terre. Cette nomination a été très controversée car cet ancien procureur de l’Oklahoma, climatoseptique, a été dans son Etat à l’origine de plusieurs procès contre l’EPA afin de contrevenir à plusieurs régulations environnementales qui avaient été mises en place sous l’administration Obama. Il a également défendu la sortie des Etats-Unis de l’Accord de Paris sur le climat. L’administration Trump, a également prévu, dans sa proposition pour le budget 2018 de l’Agence, une réduction de 25% de ses fonds et de 20% du personnel. Donald Trump a autorisé deux projets d’oléoducs qui avaient jusqu’alors été bloqués sous l’administration Obama au nom des enjeux climatiques. Keystone XL, pipeline long de 1900 kilomètres, permettrait le transport de pétrole issu des sables bitumeux d’Alberta au Canada jusqu’aux raffineries américaines du Golfe du Mexique. Ce serait 830 000 barils par jour qui pourraient circuler grâce à une extraction très polluante. L’oléoduc Dakota Access, mis de coté sous Obama suite à une forte mobilisation des écologistes, permettra au pétrole d’être transporté du Dakota du Nord vers l’Illinois, engendrant selon ses défenseurs une réduction des coûts de transport.

 

Février 2017

Toujours dans l’optique de relancer l’industrie du charbon, les parlementaires américains ont annulé la « Steam Protection Rule » en février. Cette mesure, prise par Obama juste avant son départ, imposait aux compagnies minières plusieurs restrictions, telles la création d’une zone tampon entre les mines de charbon et les cours d’eau et l’obligation de restaurer les cours d’eau endommagés. En effet, l’extraction du charbon provoque la contamination des rivières et des ruisseaux avec des métaux toxiques, comme l’arsenic ou le mercure.

 

Mars 2017

Le nouveau Président des Etats-Unis a signé le « décret sur l’indépendance énergétique » prônant la croissance économique et l’emploi. Cette mesure ordonne le réexamen du Clean Power Plan imaginé par son prédécesseur. Ce dernier prévoyait une obligation de réduction de 32% des émissions de CO2 d’ici 2030 pour les centrales thermiques et encourageait les énergies renouvelables. Il devait se traduire par la fermeture des anciennes centrales à charbon polluantes. La Cour Suprême, saisie par plusieurs Etats, l’avait cependant suspendue. Ce décret prévoit également l’interdiction d’obtenir de nouvelles concessions de mines de charbon sur des terres fédérales, d’assouplir les règles concernant l’émission de méthane dans les exploitations, et plus généralement de réduire la part dédiée à la lutte contre le réchauffement climatique dans les actions gouvernementales. Le même mois, il a annoncé, pour la plus grande joie des constructeurs automobiles, un réexamen de la limite autorisée de consommation des véhicules neufs. Mises en place par Obama, elle devait atteindre 4,3 litres pour 100km d’ici 2025, afin de réduire la pollution de l’air et les émissions de CO2 du secteur automobile. Lors de l’annonce de son budget pour 2018, l’administration Trump a exprimé son intention de réduire de 97% le plan de sauvegarde des Grands Lacs, visant à leur préservation et à la restauration de leur écosystème. Cette mesure a été fortement critiquée par les élus locaux canadiens. Le Congrès s’y est opposé et a prolongé le financement du programme pour l’année en cours. Cependant, le budget présenté en mai prévoit de nouveau l’élimination du plan de restauration. Les cinq Grands Lacs concernées représentent 18% des réserves mondiales d’eau douce.

 

Avril 2017

Le gouvernement Trump a signé une résolution visant à autoriser la chasse des ours, des loups et leur progéniture jusque dans leur tanière, lors des périodes de reproduction ou d’hibernation. Et ceci sur plus de 300 000 km2 de réserves naturelles en Alaska. Celle-ci rend caduque l’Alaska National Wildlife Refuges Rule, voté sous Obama et qui interdisait certaines pratiques tels que la chasse depuis un hélicoptère ou l’abattage des animaux dans leur tanière. De même, il a été signé un décret ordonnant un réexamen des restrictions prises par Obama concernant les forages offshore. L’ancien président avait en effet interdit, et de manière permanente, le forage sur plusieurs millions d’hectares des océans Arctique et Atlantique et durcit les règles où l’exploration était permise. Trump souhaite ainsi encourager la pêche, les forages, l’exploration et l’exploitation minières dans ces zones protégées. Cependant, les Etats côtiers s’y opposent et la bataille juridique devrait durer plusieurs années. Le gouvernement a également signé un décret demandant un réexamen du classement des sites « monuments nationaux » aux Etats-Unis. Cela concerne une trentaine de grands espaces de 40 000 hectares protégés des forages, des exploitations d’énergies fossiles, ainsi que des limitations concernant l’agriculture et la pêche. Certains pourront avoir leur labellisation suspendue ou leurs contours géographiques réduits afin de développer des activités de forage ou des sites d’exploitation d’énergies fossiles.

 

Juin 2017

Début juin, le président a annoncé son désengagement de l’accord international de lutte contre le réchauffement climatique. Adopté à Paris en décembre 2015 à la suite de la COP21, cet accord universel vise à limiter le réchauffement climatique en dessous des 2°C. Trump le juge mauvais pour l’économie américaine et mal négocié par l’ancien président Obama. Cependant, les termes de l’accord prévoient un délai de retrait de trois ans à compter de son entrée en vigueur : l’administration Trump devra donc attendre pour pouvoir légalement exprimer sa volonté d’en sortir, soit en novembre 2019. Puis une année supplémentaire sera nécessaire pour un retrait effectif.

 

Août 2017

En août, Washington a tout de même adressé une notification symbolique aux Nations Unies précisant son intention de se retirer de l’accord de Paris dès qu’ils seront en droit de le faire «  à moins qu’ils ne trouvent des modalités de réengagement qui leur agréent ».

 

Octobre 2017

Washington a abrogé le Clean Power Plan élaboré par le gouvernement Obama.

 

L’une des promesses majeures faite le président lors de sa campagne, la construction d’un mur entre les Etats-Unis et le Mexique, représente également une menace écologique. Il priverait des populations animales d’un accès à des ressources alimentaires, de partenaires de reproduction et de routes migratoires importantes. Une centaine d’espèces, certaines très rares, sont menacées telles que le jaguar, le loup mexicain ou la pygargue à tête blanche (aigle symbole des Etats-Unis) ainsi qu’une centaine d’espèces d’oiseaux migrateurs et plusieurs réserves naturelles. Donald Trump a cependant annoncé dans un discours surprise en juin qu’il souhaitait installer des panneaux solaires sur le mur, afin de créer de l’énergie et d’être rentable. Ces différentes mesures ont pour le moment peu d’effet immédiat, mais elles pourraient s’avérer très néfastes sur le long terme.

Reste à savoir si les contestations arriveront à se faire entendre. L’économie du charbon reste en perte de vitesse et le monde économique divisé sur le sujet. Sans compter la population elle-même qui perçoit les effets du réchauffement climatique dans son quotidien : sécheresse et multiplication des tempêtes.

 

Elsa Péault


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