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Sous la ville rose

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Toulouse... Ville étudiante et capitale européenne de l'industrie aéronautique et spatiale, est considérée comme l'une des communes les plus dynamiques de France. Elle est aussi une ville à l'architecture très singulière, avec ses bâtiments en briques de terre cuite qui lui conférent une couleur unique, et est surnommée "cité des violettes", la fleur en question étant l'un de ses emblêmes.

Le nom "Toulouse", autrefois écrit "Tolosa" en Occitan (prononcé approximativement "Toulouso"), a des origines incertaines. "Tolosa" est apparu pour la première fois dans les écrits au IIème siècle avant Jésus Christ, et beaucoup pensent que son origine vient de la syllabe celte "tol", désignant un endroit situé au bord d'une rivière. La rivière serait la Garonne actuelle. Selon une légende, un capitaine troyen du nom de Tholus serait le fondateur de la ville rose, mais cette dernière a été démentie. En effet, ce nom ayant été retrouvé gravé sur une pierre, de nombreux récits et rumeurs naquirent. "Tholus" est un mot qui désignait tout simplement "la clé de l'entrée de la voûte de l'aqueduc".

 

Depuis 1993, notre ville s'est dotée d'un réseau de transport souterrain. 5 ans de travaux permirent l'inauguration de la ligne A, qui reliait à l'époque Basso-Cambo à Jolimont, puis fut prolongée en 2003 jusqu'à Balma-Gramont. Il faudra attendre 2007 pour que naisse la ligne B, s'étendant de Borderouge à Ramonville. Une troisième ligne est actuellement prévue, et elle devrait desservir entre autres Colomier, Montaudran, le quartier Côte Pavée et Labège. Une caractéristique du métro toulousain est la prononciation successive des noms français puis occitan des stations, montrant à quel point la ville reste attachée à son patrimoine historique.

 

En novembre 2017, le métro s'est doté de pictogrammes propres à chaque station, afin de le rendre accessible à tous. Ainsi, étrangers, handicapés cognitifs et visuels et personnes ne sachant pas lire peuvent identifier les stations grâce aux images, réalisées par des étudiants en arts graphiques du lycée des Arènes.

 

Il est intéressant d'étudier l'origine du nom de chacune de ses 38 stations, car aucun n'est anodin.

 

La ligne A est composée de 18 stations. La station Balma-Gramont ne se situe pas à Toulouse même, mais dans une ville voisine appelée Balma, ou Balmar en occitan, dont les habitants sont les balmanais. "Balma" signifie, en gaulois, "grotte", "caverne", ou "sol pierreux". L'existence de la "Villa de Balmario" remonterait au moins à 1170, puisque cette appellation a été pour la première fois mentionnée dans les notes de l'évêque Géraux de la Barthe. Dans un manuscrit de 1451, la ville est appelée "La Balme". "Gramont" est une modification de "grandis mons", mot latin se traduisant par "grande colline". Autrefois le terroir de Gramont avait pour nom "La Rouaysse"

 

En ce qui concerne la station Argoulets, il faut savoir qu'"Argoulet" signifie "cavalier armé", nom utilisé à l'époque napoléonienne pour désigner une petite municipalité. Le véritable nom du quartier des argoulets est "Périole", en référence aux "Peyrioliers", les chaudronniers qui vivaient autrefois sur ces terres. Le nom a été modifié après que le corps d'un soldat grec ait été trouvé au XVIème siècle. Il venait d'Argos, et le nom "Argoulets" serait donc un dérivé d'Argos, tout en faisant référence à son sens premier de "cavalier armé". 

 

Le mot "Roseraie" désigne la partie d'un jardin où sont plantés principalement des rosiers. La station du même nom se situe à proximité d'un parc, et les rues du quartier portent des noms de fleurs.

 

La station Jolimont s'appelle ainsi car elle est située sur les hauteurs de la ville, et plus précisément sur un mont. Ainsi, le quartier a simplement été baptisé Jolimont à partir du XIXème siècle.

 

La station Marengo-SNCF rend hommage à la bataille de Marengo (localité italienne Spinetta Marengo où elle eut lieu) qui opposa les armées autrichiennes à celles de Napoléon Bonaparte le 14 juin 1800. Marengo était également le nom du cheval de l'empereur, et le poulet Marengo fut soit-disant mangé par ce même empereur le soir de sa victoire à Spinetta Marengo. Le nom fut même donné à une monnaie d'or en 1801 pour célébrer cette fameuse victoire. Il faut noter également que de nombreux navires français portent le nom de Marengo. Cette station de métro a une correspondance pour la gare Matabiau, donc le nom vient de l'occitan "mata buòu" qui signifie "tuer le boeuf". Avant d'être une gare, s'y situait un abattoir, mais l'origine du vocable est plus ancienne. En effet, c'est en ces lieux qu'en l'an 250 après Jésus-Christ était tué le boeuf responsable de la mort du premier évêque de Toulouse, Saturnin, après sa course folle à travers la ville. L'évêque avait été attaché à l'animal par les païens car il avait refusé de participer à son sacrifice, et il sera traîné à travers la ville par ce dernier. En outre, la rue du Taur ("taureau") fait également référence à cette scène.

 

Jean Jaurès était un homme politique socialiste, né en 1859 et mort en 1914 à Paris, assassiné par le nationaliste Raoul Villain, qui fut d'ailleurs acquitté lors de son procès malgré ses propres aveux. Jean Jaurès fut maître de conférence à la faculté de lettres de Toulouse en 1883, puis de nouveau en 1889. En 1990, il devient responsable de l'instruction publique à la mairie. Il fonde en 1904 le journal "l'Humanité", et y défendra ardemment le capitaine Dreyfus, voyant dans l'affaire un véritable problème de justice individuelle et de respect de l'humanité elle-même. Il consacre les dernières années de sa vie à lutter contre le déclenchement de la première guerre mondiale, et meurt 4 jours avant que cette dernière ne commence, son pacifisme le faisant être détesté des nationalistes. La station Jean-Jaurès est la plus fréquentée du métro toulousain, et elle est le point de jonction entre les lignes A et B. 

 

"Capitole" fait référence à la principale place de Toulouse qu'est la place du Capitole. Ce mot est issu du terme de "capitoul", les capitouls étant les juges qui étaient jadis chargés de trancher les affaires commerciales. Ils étaient élus par les différents quartiers de la ville. La capitoulat est une forme d'administration communale qui a dirigé Toulouse de 1147 à 1789, date de son abolition. La Capitole est donc depuis sa construction décidée en 1190 le siège du pouvoir communal. A la fin du XIVème siècle, 8 capitouls étaient élus, et les 8 colonnes sur la façade de l'hôtel de ville les représentent. Ils portaient des manteaux rouge et noir, et c'est pour cette raison que ces couleurs symbolisent la ville rose.

 

Le nom Esquirol rend hommage à Jean-Etienne Dominique Esquirol (1772 – 1840), né et ayant vécu à Toulouse dans le quartier qui porte son nom. Ancien psychiatre, il est considéré comme le père de l'organisation de la psychiatrie française, et est à l'origine du vote de la loi du 30 juin 1938 (dite "Loi des aliénés") obligeant chaque département à se doter d'un hôpital spécialisé pour les malades mentaux. Il fut également capitoul.

 

A propos de Saint-Cyprien République, Saint Cyprien (200 - 258), de son vrai nom, Thascius Caecilius Cyprianus, était évêque de Carthage au IIIème siècle après Jésus Christ. C'était un berbère converti au catholicisme, qui subit les persécutions de l'empereur romain Dèce puis de l'empereur Valérien, et fut décapité en vertu d'un de ses édits en 258.

 

L'origine de la station Patte-d'Oie reste hypothétique. Selon une légende, un roi wisigoth avait épousé une princesse qui attisait énormément de jalousies. Pour cette raison, les gens lançaient des rumeurs, prétendant qu'elle était en réalité une sorcière dont l'une des jambes était celle d'une oie, avec un pied palmé. Ainsi, ils l'appelaient la Reine Pédauque, issu de l'occitan "Pe d'auca" signifiant "Patte d'Oie". Un pont aqueduc de l'époque romaine qui se trouvait à côté du pont vieux actuel avait d'ailleurs été nommé d'après la Reine Pédauque.

 

La station Arènes se situe à côté d'anciennes arènes, les "Arènes du Soleil d'Or", bâties en 1953 sous l'influence d'espagnols réfugiés à Toulouse à l'occasion de la seconde guerre mondiale. Elles étaient à l'époque les deuxièmes plus grandes de France  avec leur capacité de 14 000 spectateurs, et ont été fermées en 1977, puis détruites en 1989 pour y construire un lycée. Il s'y déroulait principalement des spectacles de tauromachie.

 

Fontaine-Lestang rend hommage à Antoine de Lestang (1541-1617), deuxième Président au Parlement de Toulouse et conseiller d'Etat, qui possédait le domaine à l'époque. La propriété fut transmise à ses héritiers, puis à la famille de Villeneuve à la Révolution française.

 

La station Mermoz, elle rend hommage à Jean Mermoz (1901-1936), qui était un aviateur français, figure de l'Aéropostale et surnomme « l'Archange ». Il travailla dans cette compagnie aérienne toulousaine de l'Aéropostale et également dans la compagnie Latécoère. Il se démarquera par ses nombreuses traversées de l'Atlantique Sud, à une époque où l'aviation en est encore à ses essais. Il décède tragiquement en 1936 avec son équipage suite à un problème technique qui les plongea dans l'océan sans jamais que l'avion dans lequel ils étaient soit retrouvé.

 

Le terme Bagatelle est d'origine italienne et signifie "objet de peu de prix ou inutile". La station de métro tient son nom du château "Bagatelle", construit dans les années 1950 et détruit des années plus tard.

 

En ce qui concerne la station Mirail-Université, le mot "mirail" signifie "miroir" en ancien français, et désigne également un endroit à partir duquel on a une belle vue. Le nom du quartier et donc de la station a été choisi en référence au château s'y situant. Avant la construction du château, un cadastre de 1478 indique que Jean de Forges était propriétaire de la borde basse à l'origine du domaine. Son héritier, Guillaume de Cosmans, était également appelé "lo mirailh", était particulièrement connu dans le centre-ville car il tenait une hôtellerie dont l'enseigne était "le Miroir" ("lo Miral"). Lorsqu'il rachète la propriété de Jean de Forges en 1501, il décide de lui donner son surnom. Les divers propriétaires font prospérer le domaine ainsi que son nom. En 1680, Madeleine, veuve de Mondran, y fait bâtir le château que connaissons aujourd'hui.

 

Reynerie provient de "Reynier", nom d'un ancien habitant du XVIème siècle. Dans le quartier se trouve le Château de la Reynerie, monument historique construit par Guillaume de Barry sous le règne de Louis XVI.

 

Bellefontaine fait simplement au château Campagne qui fut rebaptisé Bellefontaine au XIXème siècle. Campagne était le nom du propriétaire du bâtiment.

 

Basso-Cambo est dérivé de l'occitan "Bassacamba", ou selon certaines hypothèses du gascon "Bashe came". "Bashe", ou "Bassa", signifique "bas" (accordé au féminin). Le sens de "camba" est débattu, cela peut désigner un sommet ou une courbe de rivière et celtique. En occitan, "camba" signifie "jambe".

 

La ligne B comporte 20 stations. Jusque dans les années 90, le quartier Borderouge était une zone de maraîchage exploitée par des fermes. "Borde" signifie d'ailleurs "ferme maraîchère". L'une d'elle, Borde Rouge, lui a donné son nom, dont héritera ensuite la station s'y trouvant.

 

Le cocasse nom des Trois-Cocus est en fait issu d'un malentendu, et plus précisément d'une mauvaise compréhension du mot occitan "coucout", désignant l'oiseau de l'espèce coucou. Le quartier portait, à l'époque napoléonienne, le nom des "Trois coucous". Cela était dû à une sculpture de trois coucous ornant une bâtisse seigneuriale aujourd'hui disparue.  Au fur et à mesure, le nom fut francisé en "cocu", car des soldats napoléoniens, lorsqu'ils arrivèrent dans le quartier et demandèrent son nom aux habitants, comprirent mal et marquèrent sur leurs cartes "Trois cocus". A une époque, le quartier avait été rebaptisé "Nivôse" du fait des controverses que le mot "cocu" suscitait.

 

Les origines du nom de la "La Vache", le même que le quartier dans lequel est situé la station, sont incertaines. Certains pensent qu'il fait à un lieu d'hôtellerie qui se situait dans le quartier, et dont l'enseigne était une vache. D'autres supposent que le nom fait hommage à Jehan Calmet, ancien agriculteur du XVIème siècle surnommé "La vaca" en occitan, qui possédait des terrains à cet endroit, comme l'indique un cadastre de 1571. Enfin, une dernière hypothèse concerne une métairie du XVIIème siècle qui appartenait à des religieuses, ayant été vendues comme bien national sous la dénomination "La Vacque". Comme le cadastre n'indiquait aucune dénomination à cette époque, personne ne sait si la métairie a pris le nom du quartier dans lequel elle se situait, ou si au contraire le quartier a pris le nom de la métairie.

 

Les raisons du nom de la station Barrière-de-Paris ne sont pas claires, mais comme un plan de 1631 montre qu'il existait un rempart autour de la ville, il est probable que s'y trouvait à cette époque une entrée orientée vers Paris. En outre, aboutissait sur l'actuelle place Barrière de Paris la "Route de Paris" (aujourd'hui "Avenue des Etats-Unis"). Le mot "barrière" désigne une porte fermant l'accès à une ville fortifiée.

 

En ce qui concerne Minimes-Claude Nougaro, l'endroit resta désert au Moyen-Âge, étant trop éloigné des remparts protecteurs et étant constitué d'une terre impropre à la culture. En 1503, saint François de Paule et ses minimes, ordre religieux d'ermites mendiants et pénitents fondé en 1436, s'y installèrent les tous premiers, et fondèrent un couvent, la chapelle Saint-Roch, contre laquelle fut construite une Eglise. De nombreuses personnalités royales y passèrent. Suite à la Révolution française, les minimes furent chassés du couvent, transformé en minoterie puis en caserne, avant d'être rendu au culte en 1852. Claude Nougaro, né en 1929 et disparu en 2004, était quant à lui un passionné de Toulouse et de jazz. Sa chanson la plus célèbre est "Ô Toulouse" en 1966, hommage à la ville rose. Il était poète, auteur-compositeur et interprète. Son nom a été donné à cette station en particulier car c'est aux Minimes qu'il est né.

 

Canal du Midi a été choisi en référence au fameux canal reliant Toulouse à la Mer Méditerranée, autrefois appelé "canal royal en Languedoc", avant de se faire baptiser "canal du Midi" par les révolutionnaires en 1789. Considéré comme le plus grand chantier européen du XVII siècle, il a été réalisé par Pierre-Paul Riquet et a nécessité 14 ans de travaux. Aujourd'hui classé au patrimoine de l'UNESCO et long de 240 kilomètres, il a permis de révolutionner le transport fluvial en permettant l'importation et l'exportation de nombreux biens. La station porte donc évidemment ce nom au vu de sa proximité avec la voie navigable, et notamment car la construction de celle-ci a rendu nécessaire la déviation des eaux du canal pendant plusieurs mois.

 

Compans-Caffarelli est une station rendant hommage à deux personnages. Il s'agit en premier lieu du comte de Falga, Marie François Auguste de Caffarelli du Falga, né en 1766 et mort en 1849. Il était général français de la Révolution et de l'Empire et homme politique. Devenu commissaire extraordinaire à Toulouse en 1814, son nom fut donné en 1980 à l'ancienne caserne militaire se trouvant dans le quartier. Jean Dominique Compans est quant à lui né en 1769 et mort en 1845 à Blagnac, était également général de la Révolution et de l'Empire. Destiné à l'état ecclésiastique, il choisit contre la volonté de ses parents la carrière militaire, et fera partie de l'élite.

 

La quartier Jeanne d'Arc s'appelait Matabiau jusqu'en 1922, date à laquelle une statue de Jeanne d'Arc fut érigée. Jeanne d'Arc, ou la Pucelle d'Orléans, est connue dans le monde entier. Ancienne chef de guerre, et sainte de l'Eglise catholique, elle affirmait recevoir des visions lui commandant de délivrer la France de l'occupation anglaise. Malgré sa réussite sur le champ de bataille, elle fut qualifiée de sorcière, d'hérétique, et les Bourguignons la capturèrent, puis la livrèrent aux anglais. En 1431, ces derniers la jugèrent puis la brûlèrent vive sur la Place du Vieux Marché à Rouen. 

 

François Verdier est né en 1900. Il était un résistant français utilisant le pseudonyme de "Forain", et sa lutte le conduisit à être emprisonné à la Prison Saint-Michel, avant d'être torturé puis assassiné par la Gestapo en 1944 car il refusait de livrer des informations cruciales afin de préserver l'organisation de la Résistance, notamment mise en place aux côtés de Pierre Dumas. Il était secrétaire fédéral pour la Ligue des Droits de l'Homme, et lors de la 2nde Guerre Mondiale, il fut choisi en juin 1943 par le Général de Gaulle pour devenir le chef des Mouvements Unis de la Résistance dans le Sud-Ouest .

 

Les Carmes, apparus au Moyen-Âge, constituent un ordre religieux catholique, contemplatif et apostolique appartenant à la famille des carmélites. L'histoire toulousaine fut marquée en 1242 par l'arrivée de Guillaume Anesia et ses six frères du Mont-Carmel, lieu où les Carmes avaient pour habitude de prier. Ils ont érigé dans le quartier un grand couvent, duquel les moines furent chassés lors de la Révolution française. Le couvent fut racheté par Franc de Pompignan en 1799, puis démoli en 1808. Le lieu resta empreint du nom des Carmes, et l'on y construit à la place une halle de marché en 1892.

 

Au XIème siècle, se trouvait à la place du Palais de Justice une puissante forteresse : le château narbonnais des comtes de Toulouse dont le rôle était de protéger la ville. En 1444, sous l'impulsion de Charles XVII qui voulait créer un Parlement (ce sont les anciennes Cours de Justice) pour la ville, et le château lui servit de siège. La Parlement de Toulouse fut par ailleurs le premier créé en province. Cependant l'édifice était en très mauvais état, et il fut détruit en 1549. L'architecte Nicolas Bachelier commença sa reconstruction mais elle fut interrompue par le décès de ce dernier. La Révolution française retarda cette reconstruction, entamée pourtant dès 1783 par Jean-Arnaud Raymond, et il fallut attendre 1851 pour que soit finalement érigé grâce à l'architecte Jean-Pierre Laffon le Palais de Justice qui trône aujourd'hui aux abords de la station de métro du même nom.

 

Le nom Saint-Michel-Marcel Langer a pour origine l'archange Saint-Michel, ange en chef dans la Bible. Saint-Michel est également une prison toulousaine fermée en 2009, dans laquelle est décédé Marcel Langer (1903 - 1943), condamné à mort et décapité. Ce dernier était un résistant toulousain, militant communiste, originaire de Pologne mais ayant dû fuir en Palestine pour éviter les persécutions antisémites. Il part en France après d'être fait arrêter par les britanniques, et deviendra à Toulouse le dirigeant de la 35ème brigade Francs-Tireurs et Partisans – Main-d'oeuvre immigrée, mouvement de résistance militaire. Il est arrêté à la gare de Saint-Agne en 1943, portant une valise d'explosifs.

 

Empalot fait référence à Jean Palòt, qui était propriétaire d'une métairie se situant à cet endroit. "En palot" signifie "Chez Palot". Il céda son terrain au Chapitre de Saint-Etienne.

Saint-Agne-SNCF: Le nom vient du village Saint-Agne situé juste avant Ramonville. "Agne" est une variation de "Anianus", en référence à Sanctus Anianus (Saint Aignan), deuxième évêque d'Orléans. "Agnus" en latin signifie "pur".

 

Saouzelong provient de "Sauze long", mot occitan qui signifie "saule pleureur"en français. Cette espèce d'arbre est implantée en grand nombre dans cet endroit qui était jadis marécageux.

 

Le quartier Rangueil porte ce nom en raison de la présence du château de Rangueil, construit au début du XVIIIème siècle par Louis-François de Rangueil, écuyer et capitoul de Toulouse dans les années 1730. L'origine du mot pourrait également provenir de l'ancien français "Renco ialo", soit "champ de Renco". "ialo" fait référence aux défricheurs, mais ce mot s'est transformé pour finalement désigner un "champ", les défrichements ayant pour but de créer un nouveau terrain cultivable.

 

La station Faculté de Pharmacie est tout simplement située à côté de la Faculté de Pharmacie toulousaine, qui fait partie de l'Université Toulouse III Paul Sabatier. Son architecture, qui fait référence au domaine scientifique, a été réalisée par Didier Mencoboni.

 

En ce qui concerne la station Université Paul Sabatier, elle fait référence à Paul Sabatier, chimiste français né à Carcassonne en 1854 et mort à Toulouse en 1941. Il étudia à Toulouse puis à Versailles, et travailla ensuite en laboratoire aux côtés de Marcelin Berthelot au Collège de France. Il enseignera successivement aux universités de Bordeaux puis Toulouse. Il sera d'ailleurs élu doyen de l'université qui porte aujourd'hui son nom en 1905, après avoir découvert l'hydrogénation par catalyse. Il obtint le prix Nobel de Chimie en 1912, et était spécialiste des relations thermiques sur les composés soufrés, métalliques et organiques. L'université Toulouse III prendra le nom Paul Sabatier en hommage à ce chimiste de renom dès 1969, soit l'année de sa constitution suite à la loi Faure, une fois les facultés des sciences et les facultés médicales de l'ancienne université de Toulouse regroupées. L'université à également failli porter le nom du professeur de Médecine Ducuing.

 

Enfin, Ramonville est une ville située juste à côté de Toulouse. Le nom aurait été donné en référence à Raymond VI, comte de Toulouse, car il possédait le château Bellevue se trouvant à cet endroit. Ramonville se traduirait alors par "la Ville de Raymond".

 

Cette étude éthymologique permet de constater à quel point la ville de Toulouse est riche d'histoire, de culture, et possède un patrimoine important.

 

Notre métro toulousain est en constante transformation, s'adaptant aux évolutions de la ville. Néanmoins, malgré cette vision tournée vers la futur, il garde en lui les empreintes du passé, et permet, ne serait-ce que par le choix d'un nom de station, de rendre hommage à ce qui a construit le Toulouse que nous connaissons.


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