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Une nouvelle décennie : l’écologie au cœur de la politique européenne

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« Une croissance indéfinie est impossible, nous n'avons qu'une seule Terre, mais une civilisation du bonheur est possible. Les solutions existent, mais l'opinion les ignore car les structures actuelles et les détenteurs du pouvoir économique et politique s'y opposent. ». René Dumont, agronome français du XXème siècle connu pour son engagement écologiste, nous questionne par ces mots sur la place d

Cependant, au vu des politiques européennes récentes portant sur l’environnement, il semble que le pouvoir économique et politique se soit ravisé et ait décidé d’accorder une nouvelle place à l’écologie au sein de nos sociétés. Ce changement de politique environnementale laisse alors présager une toute nouvelle décennie à venir.

Sur le plan international, la question environnementale est de nos jours traitée à deux vitesses. Par une majorité d’Etats membres de l’Union européenne qui font preuve de volontarisme dans ces matières, et déterminent de nouveaux enjeux environnementaux. Mais aussi, par des États envisageant l’environnement comme un obstacle à leur développement (la Chine, les États-Unis ou encore le Brésil) …

En guise de rappel liminaire, il est important de se remémorer que l’environnement désigne le milieu entourant une communauté d’êtres vivants. L’écologie est dans sa définition politique, l’instrument qui permet l’étude et la préservation de cet environnement. De l’écologie est né le mouvement écologiste visant l’établissement d’un nouveau modèle de développement basé sur une transformation du rapport humain/environnement. Il semble que l'Europe envisage pour la décennie à venir de s’appuyer plus qu’auparavant sur cette idéologie écologiste, afin de permettre le développement de nos sociétés qui ne peut plus se faire sans la préservation de nos écosystèmes.

La politique environnementale de l’UE :

Depuis la seconde moitié du XXème est née une crise écologique qui depuis ne cesse de s’accélérer : l’extinction de la biodiversité, la pollution des eaux, la pollution de l’air, la surexploitation des ressources naturelle sont des problèmes majeurs auxquels sont confrontés les pays du monde, notamment les Etats membres de l’Union européenne.

L’Union tente aujourd’hui de combiner politiques économiques et développement durable. Elle veut protéger, conserver et améliorer le capital naturel des Etats membres, rendre l’économie européenne efficace dans l’utilisation des ressources écologique et tente de veiller à la protection de ses citoyens contre les risques environnementaux pouvant nuire à leur santé.

Pour ce faire, depuis l’Acte Unique de 1986, L’Union a une compétence spécifique sur le plan environnemental, avec le traité de Maastricht, cette compétence est entrée au sein de sa procédure législative ordinaire. En 1997, le Traité d’Amsterdam reconnaît le principe de développement durable apparu dans le Rapport Brundtland de 1987.

Lors de la décennie passée, le Traité de Lisbonne de 2009 a ajouté de nouvelles compétences à l’Union, notamment dans l’objectif de la lutte contre le changement climatique, et a créé un poste de commissaire à l’Action pour le climat. Ce qui est ressorti de toute cette construction est la volonté de l’Union d’intégrer la dimension environnementale dans l’ensemble de ses politiques économiques, industrielles, sociales.

Malgré cette volonté de faire de l’écologie un pilier des nouvelles politiques européennes, nous remarquons qu’elle est traitée de manière très différente en fonctions des Etats membres de l’union :

Une Europe exemplaire dans sa politique écologique :

La Finlande est LA référence écologique européenne, elle inspire de nombreux Etats et impulse des politiques pour l’avenir. Elle se distingue par une politique intrinsèquement écologique. Depuis 2019 elle assure pour la troisième fois depuis la création de l’Union, la présidence du Conseil de l’UE qui a un rôle essentiel dans l’impulsion du processus législatif et politique. Elle préside aux côtés de La Roumanie et de la Croatie. Le trio a établi un programme commun qui vise notamment le développement durable à l’horizon 2030. Sur le plan de l’environnement sont par conséquent visés, entre autres :

-        Objectif 7. Le recours aux énergies renouvelables

-        Objectif 12. La Consommation et la production responsables

-        Objectif 13. La lutte contre le changement climatique

La Finlande a un choix dans l’élaboration de ces objectifs car, ces derniers seront réalisés au vu de son programme national publié en 2019.

La Finlande s’inscrit alors comme un pionnier du développement écologique en Europe et dans le monde, mais elle ne représente qu’une parfaite exception.

Une Europe portant une politique environnementale en demi-teinte :

En France : La politique environnementale représente plus largement celle des Etats européens en général. En effet, elle mène une politique en demi-teinte, qui peut être très largement décriée notamment sur le glyphosate. Le président Macron avait promis un retrait de glyphosate, associé dans son utilisation à des solvants dévastateurs d’un point de vue environnemental. Ce retrait devait être effectif pour la décennie à venir et cela à compter de 2021, mais cette politique connaît un rétropédalage dû à l’influence des lobbies qui défendent son usage.

D’un autre côté, sur certains points, on reconnaît à la France une politique environnementale exemplaire. D’après une étude de l’Université de Yale, la France se place derrière la Suisse comme deuxième pays le plus performant du monde en fonction de 24 critères environnementaux (qualité de l’air, des eaux, préservation des ressources naturelles animales végétales et minérales entre autres …).

Cette étude nous démontre que « la richesse est un déterminant majeur » du succès des politiques environnementales, ce qui place la majorité des pays industrialisés en tête du classement, au détriment des pays en développement. Car la croissance économique nuit à l’environnement, ce qui se répercute sur les politiques de pays tel que la Pologne.

Une Europe en développement économique mais en décadence environnementale :

En Pologne, la politique environnementale quasi inexistante du pays est caractéristique de la difficulté qu’ont les pays en développement à mêler les notions de développement économique et de développement durable. Durant les 40 dernières années, la Pologne s’est développée par l’exploitation de matières minérales menant à l’appauvrissement intensif de ses ressources naturelles et à une pollution atmosphérique telle, qu’elle ravage les superficies boisées du pays. La Pologne est donc considérée comme un des pays les plus pollués de l’UE.

De tout cela découle un ralentissement certain du développement agricole laissant alors présager pour la décennie à venir un manque à gagner considérable.

Les enjeux environnementaux à l’échelle mondiale :

Par des politiques visant une croissance économique trop poussée, les effets négatifs ne se font que trop ressentir sur l’environnement au sein de ces pays, mais également au niveau mondial. L’Europe se place comme porte étendard du développement durable mais, compte aussi bon nombre de nations industrialisées ayant les moyens financiers de mener de telles politiques. Dans le reste du monde, la majorité des pays sont en cours de développement et, sauf exception ne semblent pas prêts à faire reposer leurs politiques économiques sur une idéologie écologiste.

D’un point de vue écologique, la décennie à venir créera assurément une brèche entre ce qui a été fait et ce qui se fera. Les Etats, au vu de l’internationalisation des échanges et relations, seront confrontés à leurs choix mais également à ceux de leurs confrères. Le problème ne relève plus de la seule souveraineté des Etats, il n’est pas non plus exclusivement européen. En effet, la problématique de l’environnement est devenue internationale. Les pays industrialisés et ceux qui sont en cour de développement auront à trouver des politiques communes, ce qu’ils tentent de faire au sein d’Organisations internationales telle que l’ONU. Mais lors de la dernière COP 24 de Septembre 2019, aucune mesure précise n’a émergé des discussions ayant eu lieu entre les différents chefs de gouvernements. Au contraire, sur la question environnementale, un repli nationaliste s’est exprimé, notamment du côté de la Chine de Xi Jinping, du Brésil de Bolsonaro et des États-Unis de Donald Trump, ce dernier s’étant déjà retiré des accords de Paris sur le climat lors de la COP 21.

Ces organisations internationales ont manifestement un manque d’influence juridique, ce qui permet aux Etats, qui en sont pourtant membres, de déroger aux Traités élaborés et à toutes décisions ou analyses n’allant pas dans le sens de leur politique, même si ces Traités ou décisions sont pris afin d’améliorer une situation internationale.

Sans accord commun respecté et Traités ayant force obligatoire pour les Etats, le monde ne va-t-il pas vers une extinction accélérée de ses écosystèmes ?

Sans le soutien de ces Etats surpuissants, l’Europe interventionniste en la matière va-t-elle se hisser en tant qu’élément fédérateur d’une politique environnementale commune ?

A moins que le changement ne provienne de la force populaire par la création de mouvements tel qu’Extinction Rébellion, ou de la jeune population consciente des enjeux que représente la préservation de la planète et qui, comme Greta Thunberg, poussent les gouvernements à adopter des politiques effectives. 

 

 

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