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La Botte perd pied

Le 8 août au soir, le ministre de l'Intérieur Mattéo Salvini a réclamé des élections législatives anticipées, actant ainsi l'éclatement de la coalition populiste au pouvoir depuis quatorze mois. Une crise politique s'ouvre sur la Péninsule.

 « Allons tout de suite au Parlement pour prendre acte qu'il n'y a plus de majorité (…) et restituons rapidement la parole aux électeurs » a exigé l'homme fort du gouvernement italien dans un communiqué.

 

 Après plusieurs consultations entre le chef du gouvernement Giuseppe Conte et le président Sergio Mattarella, puis entre Giuseppe Conte et Matteo Salvini, ce dernier a jugé « inutile d'aller de l'avant avec (…) des disputes, les italiens [ayant] besoin de certitudes et d'un gouvernement qui travaille ». Allusion faite ici à ses alliés du Mouvement 5 Etoiles (M5S) et du ministre des infrastructures, Danilo Toninelli, radicalement opposés au projet de TGV Lyon-Turin. De là est née une crise.

 Alors que la Ligue – mouvement d'extrême droite incarné par Matteo Salvini – soutenait deux motions en faveur de cette liaison franco-italienne, le M5S a voté seul une motion contre celle-ci. Des « insultes répétées à moi et à la Ligue de la part de prétendus alliés » a déploré le ministre de l'intérieur italien dans son communiqué.

 

Un plan institutionnel précis pour sortir rapidement de la crise

 

 L'Italie, plongée dans l'incertitude, devra suivre un parcours institutionnel avant de pouvoir faire tomber le gouvernement.

 D'abord, les présidents du Sénat et de la Chambre des députés devront convoquer les chefs de groupes parlementaires pour réaliser un calendrier. Un débat au Sénat sur une motion de censure contre Giuseppe Conte pourrait se dérouler aux environs du 20 août.

 Si la Ligue a annoncé avoir déjà déposé sa motion de censure contre le gouvernement, elle devra être examinée dans un délai de 10 jours selon le Sénat – soit avant le 20 août. Le texte adopté entraînera la chute du gouvernement, le vote à la Chambre des députés n'étant pas primordial. S'en suivra une démission remise par Giuseppe Conte au président de la République.

 

Vers une dissolution du Parlement

 

 Si le président constate qu'il n'existe aucune majorité parlementaire autour d'un représentant politique, la dissolution du Parlement sera décidée. Cela pourrait se produire aux alentours du lundi 26 août. Dès lors est exigée par la Constitution l'organisation d'élections dans un délai maximum de 70 jours.

 

 Au journaliste, écrivain et politologue italien Alberto Toscano d'analyser : « La Constitution italienne prévoit qu'une crise gouvernementale ne soit ouverte qu'au Parlement ». Avant d'ajouter : « Mais depuis son entrée en vigueur en 1948, les crises ont toujours été ouvertes par la démission du président du Conseil devant le président de la République ».

 

 

 Ainsi, la crise demeurant inévitable, reste la question de savoir qui mènera l'Italie jusqu'au scrutin. L'on peut penser à un gouvernement « technique », c'est-à-dire qu'il la dirigera entre la démission officielle de Conte et le jour des élections. Il resterait ainsi au pouvoir jusqu'aux élections afin de garantir la neutralité jusqu'à la période électorale.


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