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ENTRETIEN AVEC BRUNO VAN DOOREN CONSERVATEUR GENERAL DES BIBLIOTHEQUES, DIRECTEUR DU SERVICE COMMUN DE LA DOCUMENTATION

 

Le Décodé : Monsieur, bonjour, nous sommes ravis de vous rencontrer à l’occasion de cet entretien. Avant toute chose, pourriez-vous vous présenter et présenter vos missions au sein de cette université ?

Bruno Van Dooren : Bonjour à vous et bienvenue à la bibliothèque ! Je suis Bruno Van Doreen, je suis le Directeur du Service Commun de la Documentation (SCD), plus précisément Conservateur général des bibliothèques de Toulouse 1 Capitole depuis la fin de l’année 2006. Ma carrière est essentiellement au sein de l’enseignement supérieur et la recherche : j’ai toujours travaillé dans des bibliothèques de recherche, j’ai toujours travaillé sur des projets de création, de constitution ou de restructuration de bibliothèques dans le monde académique. J’ai quand même eu un passage au ministère de l’enseignement supérieur à la fin des années quatre-vingt et au début des années quatre-vingt-dix, pendant cinq ans. J’ai travaillé au ministère de l’enseignement supérieur, et au sein de l’enseignement supérieur, dans l’administration des bibliothèques et des politiques documentaires. Nous sommes un corps interministériel ; ainsi, un certain nombre de collègues sont passés par la lecture publique, c’est-à-dire les bibliothèques municipales ou les bibliothèques de grands établissements publics. J’ai moi-même fait un passage à l’Institut National d’Histoire de l’Art (INHA) au moment de sa création, puisque j’ai travaillé sur le projet de création de l’Institut.

Après, comment suis-je arrivé ici ? – C’est au bout de nombreuses années passées à Paris ! Je suis arrivé en 2006, mais toute ma carrière a été faite à Paris, dans plusieurs universités (Paris IV, Paris X) et j’avais fait des missions pour l’INHA ou pour la création de la Maison des sciences de l’Homme.

Ensuite, pourquoi je suis arrivé ici ? – J’ai souvent changé de poste, c’est vrai que c’est plus facile à Paris puisque l’offre est étoffée ; c’est plus difficile en « province », même si on ne doit pas le dire, mais c’est la réalité. J’ai plutôt travaillé dans le secteur des sciences humaines et sociales. Toulouse, c’est une opportunité qui s’est présentée. Ça faisait un moment que je souhaitais quitter Paris et puisqu’un poste s’est libéré, je suis arrivé ici ; ça aurait pu être ailleurs, mais ça aurait été sûrement dans le sud de la France.

 

Je dirige donc des bibliothèques universitaires depuis 1994. Les nominations des directeurs de bibliothèques, ça paraît toujours un peu particulier aux yeux de l’administration. Je ne dirais pas que c’est un parcours du combattant, mais il faut passer un certain nombre de caps (rires) : il faut déjà que le ministère de l’enseignement supérieur et la direction du ministère voient votre candidature d’un bon œil ; il faut aussi que la direction générale des ressources humaines considère votre candidature favorablement. Il faut enfin l’accord de l’inspection générale des bibliothèques. En fait, vous faites un parcours pour vous faire adouber et, enfin, vous avez une commission de recrutement à l’échelle de l’université dans laquelle vous postulez. C’est alors le Président de l’Université qui propose au ministre la nomination du directeur du SCD. Enfin, il y a aussi une procédure ordinaire de commission administrative paritaire nationale qui vous affecte. Ça peut paraître moins simple que pour beaucoup d’autres nominations, en même temps je ne m’en plains pas car ça nous donne une certaine légitimité.

 

Votre poste est assez recherché à l’échelle nationale ?

Ça dépend. Oui, il y a toujours plusieurs candidats sur un poste. Maintenant, c’est aussi très variable. Certains postes sont très prisés car ont un caractère très prestigieux. Quand j’ai commencé ma carrière, il y a des postes qui étaient considérés comme l’aboutissement d’un parcours professionnel et d’autres considérés comme des postes de début de carrière. Ces hiérarchies tendent à se transformer. Ce qui est sûr maintenant, c’est qu’avec la fusion des établissements, ces services documentaires des universités fusionnées sont de gros services, qui réunissent cent cinquante personnes et parfois plus. Ça devient de très gros postes.

 

Quels projets avez-vous pu mener sur le site ?

Un certain nombre, mais le plus visible a été l’extension des horaires d’ouverture (jusqu’à 22h en semaine, N.D.L.R.). Je me rappelle très bien une conversation avec le Professeur Cabanis. Il était vice-président de la documentation des bibliothèques, j’ai toujours eu un contact très naturel avec lui, que j’ai toujours beaucoup apprécié ; et puis en matière de plaisanterie vous savez qu’il est toujours concerné. Il me disait « j’aimerais bien voir votre belle bibliothèque, le soir, illuminée » ; et je lui avais dit que ce n’était pas impossible que nous y arrivions. C’est un projet qui valait la peine d’être tenté ; d’abord, car ça répond à un besoin évident pour le chercheur et l’étudiant ; et puis, l’université avait des atouts pour mener cette entreprise. Elle avait une implantation favorable et donc l’assurance d’avoir un public actif, qui serait là : ce n’est pas tout d’ouvrir si personne ne vient ! C’est un projet où il y a eu une première étape en 2007-2008 qui avait été précipitée et puis deux ans après, ça s’est fait, avec un appui inconditionnel auquel il faut rendre hommage ! Le Président Bruno Sire m’a toujours apporté son soutien politique et stratégique dans cette opération à laquelle il tenait lui-même. Il était très attaché à la fonction documentaire dans l’université, aux missions de la bibliothèque pour les étudiants.

 

Nous étions des précurseurs ?

Précurseur c’est un peu prétentieux de le dire, il y avait eu d’autres universités qui étaient dans le même mouvement. Mais on n’a pas été les derniers, on n’est pas venus après, on a fait cela au bon moment, avec les moyens qui ont été demandés au ministère et qui ont été accordés. L’université a aussi accordé des moyens et son soutien.

 

En dehors des horaires, vous avez également mené d’autres projets…

Oui, après il y en a eu d’autres. Je pense qu’on a bien pris le tournant de l’exploitation des ressources et services numériques dans les bibliothèques. Le numérique ne se substitue pas aux imprimés, on a toujours gardé un équilibre entre documentation imprimée et documentation numérique, mais effectivement on a pris le tournant du numérique à travers le développement de nouveaux services.

Ensuite, il y a eu les rénovations successives. Cela s’est traduit en 2014 par la rénovation de la Bibliothèque de la Manufacture des tabacs et, en 2016, par la rénovation de la Bibliothèque de l’Arsenal avec une reconfiguration des lieux qui visait à prendre en compte le résultat des enquêtes que nous faisions auprès des usagers. Les résultats de ces enquêtes se traduisaient par la volonté d’avoir des espaces de travail individuels, en groupe, des espaces de travail différenciés, ouverts et plus « cosy ». Il y avait aussi des demandes sur le Wi-Fi, les prises électriques pour les mobiles, et les ordinateurs. Enfin, les étudiants souhaitaient des espaces de décontraction studieuse et des fauteuils plus confortables, où toutes les postures et combinaisons de travail puissent se déployer. Un même étudiant peut avoir envie d’être dans une place traditionnelle, tranquille ; en même temps, il peut avoir envie de se mettre dans un canapé, de discuter avec d’autres étudiants de manière très fluide.

La bibliothèque doit être un lieu, je ne dirais pas qui se rapproche de l’environnement privé, presque familial, mais quand même un peu aussi. Il y a l’idée dans le comportement des étudiants qu’ils sont totalement en sécurité, ce qui est normal puisqu’ils le sont. Par exemple, ils laissent leurs affaires, leurs portables et leurs ordinateurs, comme s’ils étaient dans un environnement familial, privatif. De mon point de vue c’est un indice de réussite.

 

Vous savez, à l’heure d’Internet, où le prêt d’ouvrages imprimés tend à fléchir, sans s’effondrer, on constate aussi que la fréquentation des lieux commence de plus en plus tôt dans l’année et est très intensive. On a été confrontés à la question des places assises ; on a dû faire une explication en disant qu’on ne pouvait pas dépasser un certain nombre de places pour des raisons de normes de sécurité. Il n’y a pas trente-six solutions : soit l’université étale davantage l’année universitaire dans l’année, dans la semaine et dans la journée et auquel cas cela étalera davantage les pics de fréquentation ; ou alors, on construit davantage et on met en service de nouvelles surfaces. Je ne vois pas très bien quelles sont les autres solutions.

 

C’est un projet d’agrandir la bibliothèque ? Sur Duportal par exemple ? (N.D.L.R. : Le projet « Duportal » est un projet en deux tranches 2021-2024 consistant à agrandir UT1C sur le parking de la Cité administrative).

Non pas pour l’instant. Il n’y aura pas de surface de bibliothèque sur Duportal. J’ai essayé, mais je n’ai pas obtenu d’agrandissement de nos surfaces. Je le regrette d’autant plus que la bibliothèque est un lieu important de la vie universitaire.

 

En six ans, on a effectivement aperçu une transformation de l’usage de la bibliothèque. Il y a six ans, il y avait du monde, mais c’était raisonnable. Désormais on a l’impression, qu’avec la pression que les étudiants ressentent, ils sont beaucoup plus nombreux à venir avec régularité…

Je fais le même constat. On voit que la fréquentation augmente, ce qui est bien. Ils viennent chercher de la documentation, mais ils viennent aussi faire plein de choses. Parallèlement on le voit moins, mais on a dû réorganiser l’organigramme et l’organisation du travail de la bibliothèque. On a fait ça en 2015, c’est un travail qui n’a pas été visible par les usagers, mais il a été très important pour nous.

 

Il y des demandes qui remontent sur la recréation d’un espace pour les doctorants, en plus des carrels. Savez-vous si quelque chose est prévu, peut se faire ? (N.D.R.L. : antérieurement à la rénovation de 2016 de la Bibliothèque de l’Arsenal, une mezzanine était partiellement dévolue aux doctorants).

On a fait une réponse en 2016 à cette question, car à l’ouverture, il y a eu beaucoup de confusions avec l’étage recherche de la bibliothèque de l’Arsenal. Déjà, elle n’était pas exclusivement réservée aux doctorants car il y avait aussi les masters, ce qui n’est pas rien quantitativement. Donc, cet espace était déjà partagé. Il faut savoir qu’à l’ouverture, le nombre de carrels a augmenté et les doctorants ont la possibilité de réserver des salles de travail en groupe, à l’instar des autres étudiants.

Ils souhaitaient avoir un lieu dédié, on a beaucoup discuté avec eux, on les a reçus et on est arrivé à la conclusion qu’on pouvait leur libérer une salle qui leur est exclusivement réservée à la Bibliothèque Garrigou. Au début, ça s’est mis en place progressivement, maintenant j’ai l’impression que cet espace a trouvé son public, tout comme les carrels.

On a aussi ouvert davantage aux doctorants la salle qui avait été créée pour les enseignants-chercheurs, c’est-à-dire la salle des chercheurs du troisième étage. L’acception de chercheur va au-delà des institutionnels et concerne aussi les doctorants. On ne pouvait pas l’ouvrir à tous les doctorants pour une question de places, donc on l’a ouverte aux doctorants chargés de cours. Alors je ne cache pas qu’il y a eu parfois des tensions, mais on doit faire des compromis entre les publics. Certains enseignants chercheurs ont considéré que la salle devait leur être exclusivement réservée ; d’autres considéraient qu’il fallait accueillir des doctorants. On a fait un compromis en ne prenant que les doctorants chargés de travaux dirigés. J’estime que cette petite difficulté qu’on a eu à l’ouverture a été pour l’essentiel surmontée, même si je peux comprendre qu’il peut y avoir des insatisfaits. Nous mettons tous en œuvre pour satisfaire le plus grand nombre.

La bibliothèque est un lieu ouvert : si l’université ouvrait pendant l’été, on ouvrirait aussi. On sait s’organiser, le personnel sait que l’accueil est une mission essentielle. Ils sont très engagés, très attentifs et très impliqués. Donc l’été ce serait pareil, tout en ouvrant à des horaires adaptés. Nous essayons le plus possible, avec nos moyens, de satisfaire le public !

 

En tant que directeur du SCD, quel est votre meilleur souvenir ?

C’est difficile d’y répondre. Pour moi le meilleur souvenir c’est quand les étudiants et enseignants que je croise dans les différentes instances, dans les conseils ou dans les couloirs me disent leur satisfaction. C’est la chose la plus agréable à entendre.

Je peux aussi dire que, dans l’ensemble, j’ai des équipes impliquées, sérieuses et responsables. Regardez la permanence du service public ! Je sais que si quelqu’un fait défaut au dernier moment, il y a toujours quelqu’un pour le remplacer. Ils ont une solidarité naturelle, pas forcément militante, mais ils se disent que c’est leur devoir, qu’ils ne peuvent pas laisser la bibliothèque en déshérence. J’ai la réputation d’être exigeant, de vouloir toujours mieux et plus, mais je dois reconnaitre que j’ai la chance d’avoir des équipes qui sont de grands professionnels et qui sont très impliqués dans leur travail. Je n’aurai pas pu accomplir nos projets sans ça.

 

Comment s’organise le Service Commun de la Documentation ?

Le Service Commun de Documentation s’inscrit dans le code de l’éducation. Dans l’organisation de l’université, vous avez les composantes (UFR, instituts, centres de recherche), vous avez les services centraux (administratifs, direction du patrimoine, services financiers, etc.) qui sont des services support technique et administratif et, vous avec les services communs (SUIO et SCD). Nous nous inscrivons dans un décret de 2011, qui explique que nous ne sommes pas du personnel administratif. J’ai tendance à le préciser car en fait, je suis à peu près le seul à faire de l’administration (gestion financière, de personnel, etc.) : les personnels de la bibliothèque font de l’accompagnement et travaillent essentiellement avec des enseignants-chercheurs et des étudiants. Nous sommes donc toujours un peu décalés par rapport à l’imaginaire qui sépare le personnel enseignant du personnel administratif. Nous ne nous inscrivons pas dans ce schéma-là et, la nature de service commun le dit bien. Pour nous, l’accueil du public est essentiel comme c’est le cas pour un enseignant. Ce qui se passe dans les salles de lecture, ce n’est pas du « back office » mais du « front office ». On doit pouvoir réagir quand un enseignant arrive, nous demande des ouvrages ou des conseils pour trouver des informations, etc. Il faut pouvoir lui répondre tout de suite, ce qui nécessite un niveau de formation des équipes assez développé pour assurer des réponses à des demandes qui sont de plus en plus diversifiées.

 

Qu’est-ce que l’on trouve dans la bibliothèque du XXIe siècle ?

On y trouve évidemment des collections et des ressources imprimées. On trouve aussi des ressources numériques, que nous négocions afin d’y donner accès à l’ensemble de la communauté. Et puis, à côté de ça, on trouve beaucoup de services qui vont jusqu’au service « à la personne », ce qui se traduit par des rendez-vous documentaires entre bibliothécaires et étudiants, ce qui se traduit aussi par les visites actives à la rentrée. Et puis on va jusqu’à accompagner un maître de conférences qui va passer son agrégation, qui doit préparer ses « leçons ». Ils ont aussi besoin des services de la bibliothèque pour des projets scientifiques : ils peuvent demander à la bibliothèque de leur nourrir des bibliographies pour des projets, lors de la préparation d’un colloque, etc. Aussi, un doctorant qui veut publier peut déposer son travail sur Toulouse Capitole Publication. Un doctorant qui veut connaître le droit de la propriété intellectuelle, qui veut connaître les questions de présentation dans les différentes revues, il peut le faire avec les bibliothécaires, ce qui nécessite des compétences pointues.

Enfin, on a aussi du tutorat, avec des étudiants que l’on recrute et qui sont installés dans la bibliothèque pour recevoir les étudiants, sans prendre nécessairement un rendez-vous. Toutes ces missions demandent énormément d’organisation, de formation continue et professionnelle pour nos bibliothécaires.

 

Tout étudiant doit pouvoir connaître ces dispositifs…

Oui tout à fait, quand on fait du service public, quand on fait de l’accueil mobile avec les bibliothécaires qui passent dans les salles de lecture, c’est pour s’assurer que dans les salles de travail en groupe, ils exploitent bien les outils, qu’ils sachent les utiliser et être au plus près de leurs demandes. Certains étudiants naturellement n’osent pas, considèrent qu’ils devraient savoir le faire… et bien non ! Ceux qui n’y arrivent pas, qui n’osent pas pour des raisons économiques et sociales, qui ont des difficultés, nous sommes là pour les aider ; on est là pour mettre tout le monde à la même enseigne, c’est pour cela que je suis aussi très attaché à leur accueil.

 

Comment un étudiant peut faire remonter ses observations sur le fonctionnement des bibliothèques ?

Il y a les canaux habituels de l’université : les étudiants sont représentés dans la plupart des instances. Donc les étudiants élus sont des interlocuteurs et peuvent faire remonter des observations. Dans les salles de lecture, il y a des cahiers de suggestions qui permettent d’exprimer des demandes et nous avons aussi le service de tchat qui permet de poser des questions. Moi-même je reçois des étudiants.

En général, je n’ai pas le sentiment qu’il y ait de la frustration ou qu’il y ait un manque de communication Nous passons par le numéro de la lettre des étudiants où on présente un service ou une innovation, etc. J’ai la faiblesse de penser que le dialogue apporte beaucoup. Je ne sais pas si je peux dire ça, mais les étudiants ne sont pas très revendicatifs : les grandes revendications sur le plan national concernent les droits d’inscription et la sélection ; mais jamais pour développer de nouveaux services, pour rénover des bâtiments, etc. Ce n’est pas quelque chose qui les préoccupe. Si l’institution universitaire ne le fait pas elle-même, qu’est-ce qui se passerai ? Les gens iront s’inscrire ailleurs.

De même avec les étrangers, on essaye d’être attractifs, à l’écoute. D’ailleurs, ils sont parfois parmi les plus prompt à demander des services. Les étudiants étrangers nous tirent vers le haut, ils disposent souvent de services étoffés chez eux et on s’en inspire

 

Au niveau financier, vous disposez d’un budget séparé ?

C’est un budget propre. Soixante-dix pour cent des recettes proviennent de la dotation du ministère qui passe par l’université et qui nous est donnée par la gouvernance. Un peu moins de trente pour cent du budget correspond aux droits d’inscription des étudiants. Les ressources propres comme les impressions externalisées à la Corep sont des ressources marginales. La bibliothèque fournit un service qui ne rapporte pas d’argent ; il coûte, mais c’est un investissement d’avenir.

 

Si vous deviez donner un conseil à un nouvel étudiant qui arrive à l’université, vous donneriez lequel ?

Je ne me permettrai pas de donner des conseils sur les formations. Les universités étant dans un paysage très concurrentiel, les étudiants tiennent compte des classements, même si l’on n’est pas d’accord ; ainsi, je pense que l’étudiant qui vient à UT1C a déjà fait un bout de chemin, il a fait un choix. L’étudiant doit très vite s’immerger et se socialiser de manière académique. Il ne doit pas laisser courir le temps en disant que ça va se mettre en place tout doucement, progressivement. Non ! Ça commence très vite et très fort, tout de suite. Il faut un esprit de mobilisation et de détermination : je pense que les étudiants doivent être très déterminés ! Ça va très vite, l’année passe très vite, les examens arrivent très vite, on n’a pas le temps de se retourner. Je pense qu’on ne leur dit pas assez que ce sont des choix de vie très important. Très vite ils doivent prendre leurs repères, très vite ils doivent prendre des habitudes de travail, qui doivent être personnelles parce qu’ils ne sont pas accompagnés comme en classe préparatoire ou certains lycées. Je pense que cet esprit de vigilance, de détermination, cette capacité à gérer son temps sont absolument essentiels. Je lui dirai donc « ne laissez pas courir le temps, ne laissez pas passer les semaines, battez-vous sur chaque cours, battez-vous sur chaque semaine, sur chaque jour ».

Alors c’est fatiguant, ça demande une mobilisation, tous les esprits ne sont pas préparés. J’estime que la bibliothèque elle est là pour ça aussi ; elle est ouverte pour ça, c’est un lieu studieux, c’est un lieu académique, c’est un de lieu de travail et aussi de convivialité, je l’espère. Il ne faut pas se laisser isoler, sauf goût particulier pour la solitude ; mais pour l’étudiant qui perd ses repères, car souvent il a changé de ville, il a changé de lieu, il n’a plus ses repères, il a sa vie : la vie difficile ; d’autant plus s’il n’a pas de moyens et pas de temps. Enfin, les tentations sont importantes, il faut donc vraiment prendre à bras le corps sa vie d’étudiant et son affiliation académique. Il rentre dans une nouvelle famille qu’est l’université et il doit prendre les choses au sérieux. C’est un peu rébarbatif de le dire, mais je pense qu’il faut lui dire la vérité.

 

 

Merci Monsieur vous avoir accepté pour Le Décodé cet entretien et nous vous souhaitons une bonne rentrée 2018-2019 !  

 


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