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Fin d’année pour le Collège supérieur de droit : étudiants, démarquez-vous !

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Les 24 et 25 mai derniers se tenaient les soutenances de fin d’année pour les étudiants du Collège supérieur de droit (CSD) de l’UT1. L’occasion d’en apprendre plus sur ce diplôme universitaire, dirigé depuis un an par le professeur Aurore Gaillet, et qui propose de faire de ces collégiens de meilleurs juristes… en parlant aussi d’autre chose que de droit.

      Jamais des oraux en amphithéâtre n’auront dégagé une ambiance à la fois si détendue et studieuse. Tour à tour, les différents groupes d’élèves inscrits au Collège soutiennent leurs différents projets de fin d’année. Le diplôme que propose le CSD se déroule en trois ans, à partir d’un niveau L3 jusqu’au Master 2. Mais que peut donc apporter cette formation à cheval entre deux cycles d’études ? Énormément, figurez-vous. Plus précisément, beaucoup de notions et de compétences qu’un parcours universitaires classique aurait éludées. Et c’est précisément l’originalité de ces travaux de groupes et soutenances qui l’atteste.

     Ces derniers sont en effet le fruit de plusieurs réformes poursuivies par le professeur Aurore Gaillet depuis sa nomination. Elle nous explique : « la réforme la plus fondamentale est le fruit d’une réflexion sur l’organisation de la troisième année du CSD (M2), qui restait à imaginer pour parachever les idées initiées par mes prédécesseurs, Lycette Corbion et Jean-Christophe Gaven. Convaincue de la nécessité d’inciter les étudiants à s’ouvrir à l’univers "hors les murs de l’université", en en faisant un atout pour leurs choix professionnels et/ou citoyens, j’ai proposé de structurer cette troisième année autour d’un "projet d’ouverture citoyenne". J’ai également remplacé l’exercice de mémoire collectif proposé aux collégiens de deuxième année (M1) par un "travail collectif sur ouvrage". Cela permet de diversifier ces premières expériences de recherche. Le mémoire reste l’exercice proposé aux premières années (L3), tandis que les collégiens de deuxième année s’essayent à un exercice de lecture approfondie. La soutenance incite aussi à une plus grande liberté, artistique, littéraire ou autre. Pour le reste, mes apports sont plus cosmétiques, mais visent à encourager en permanence l’ouverture des étudiants à la culture juridique et générale. Tel est le cas par exemple de l’ouverture d’un cycle de conférences « Grands Témoins » (avec Marcel Marty), que nous préparons en amont. Après Marcel Gauchet en 2018, nous espérons recevoir Michel Winock ainsi que Beate et Serge Klarsfeld en 2019 ».

 

     En effet, les collégiens en première année ont dû réaliser et soutenir un mémoire… en groupe. L’exercice peut étonner et pourtant. Léa, qui a participé à la soutenance d’un mémoire collectif autour de « Tocqueville et la démocratie européenne » témoigne : « C’était un travail très intellectuel, on a lu des textes politiques anciens pour travailler dessus. De plus, notre directeur de mémoire était très disponible ». Arnaud et Marie rajoutent après leurs passages autour de la question de l’agriculture urbaine, que « c’est une avance de connaître la méthodologie du mémoire, apprendre à faire des recherches. Ce n’est pas que bachoté et cela permet de se faire un avis sur la recherche ».  

     Toujours en anticipant sur leurs études, le groupe Nathalie, Pauline, Marie-Lou, Manon et Yasmine, se sont intéressées à « l’intime conviction du juge pénal et la preuve ». Elles soulignent que, voulant passer le CRFPA, c’est toujours bien de s’entraîner sur ce type d’oraux et d’exercice. Le CSD permet d’optimiser ces moments d’interaction avec les intervenants et l’administration. Et même en l’absence d’idée sur la poursuite de ces études, elles rajoutent : « cela ne me ferme pas de porte, au contraire ça ne fait que m’en ouvrir ! »

     Et cela, ce n’est que pour la première année. Les collégiens en deuxième année au CSD ont, quant à eux, réalisé une analyse de diverses œuvres littéraires. Par exemple, Clément s’est penché sur l’ouvrage La gouvernance par les nombres d’Alain Supiot: « j’avais de bons résultats en L1 et L2 et j’ai découvert qu’on pouvait intégrer le CSD qui ouvrait sur la culture générale et d’autres domaines qui sont très utiles notamment pour les concours. Cette ouverture permet de développer une culture autre que juridique. »

     Quant à la méthodologie, c’est la liberté qui prime. Ainsi, Maxime soutenait son analyse de Ce que c’est que l’exil de Victor Hugo, sous la forme d’une pièce de théâtre, idée originale qui lui vient de son directeur, le professeur Wanda Mastor, dont il remercie l’implication. Il souligne que ça permettait de sortir d’un certain formalisme sachant qu’on a quand même rendu un écrit qui respect les canons formels. La pièce de théâtre essaye de retranscrire ce qu’on a écrit sur le fond, mais en changeant la forme. Ils sont pourtant loin d’être abandonnés dans cette liberté, Madame Gueit, documentaliste également impliquée dans les travaux du Collège (et qui a reçu les remerciements appuyés de tous les groupes d’étudiants, à l’instar de ses collègues impliquées auprès des collégiens de CSD ) précise : « pour les élèves de CSD 2, le travail d’analyse d’une œuvre non-juridique, qui vise à proposer une soutenance privilégiant une forme plutôt originale, a donné lieu à des travaux très différents et des prestations de qualité. S’ils ont pu d’abord être désarçonnés face à cette liberté dans les traitements possibles, ils ont finalement pu l’apprivoiser. »

     Enfin, concernant les collégiens en 3ème année, c’est un projet d’ouverture citoyenne qui leur était demandé. L’occasion de mettre en pratique le savoir emmagasiné. Aurélien et son groupe se sont ainsi joints, ni plus ni moins, à l’action collective organisée dans le cadre de l’affaire Levothyrox qui s’est jouée à Toulouse cette même année : « c’est toujours dans cette optique de prendre l’air, car même si les formations évoluent il reste difficile de sortir du cadre de la fac vers le monde professionnel. Avec le projet citoyen, on peut enfin prétendre à cela ». Cette nouvelle forme d’exercice s’attache en effet à inciter l’étudiant à agir hors du carcan universitaire. L’implication dans le milieu associatif est ainsi encouragée, comme l’atteste le groupe qui a réalisé son projet citoyen aux côtés du Réseau d’étudiants toulousains en soutien aux exilés et réfugiés.

 

 

     Pour les aider dans tous ces travaux, les collégiens de tous les niveaux ont pu compter sur un encadrement sans faille notamment par l’administration du CSD. Madame Cécile Frossard, gestionnaire administrative de la formation explique : « Ce sont des étudiants qu’on voit beaucoup. Les demandes sont plus particulières et on a des étudiants très intéressants et intéressés. Ils viennent spontanément vers nous et c’est l’objectif : le but du jeu est qu’ils voient qu’on travaille pour eux. […] On ne reste pas sur l’aspect mécanique de l’administration ». Mais le soutien provient aussi du personnel enseignant et des enseignants référents aux différents projets. Les étudiants soulignent tous une grande disponibilité et une implication majeure de la directrice de la formation, le professeur Aurore Gaillet.

 

     Interrogée sur les réformes à venir, elle nous répond que « l’année 2018-19 nous permettra d’approfondir nos liens avec l’Institut d’Études Judiciaire. Grands oraux, cours communs et autres, nous souhaitons, avec Antoine Botton, directeur de l’IEJ, établir davantage de passerelles entre les deux structures. Ce sera fondamental pour les collégiens se destinant aux carrières judiciaires. L’année nous permettra aussi de systématiser une expérimentation fructueuse de 2018/19 : les « colles » (petits oraux) seront désormais dispensées par une équipe de doctorants, que j’accompagnerai en amont. Enfin, nous espérons – de concert avec le Doyen – faire fructifier certains partenariats, avec la Mairie, la librairie Ombres Blanches et les Bibliothèques UT1, pourquoi pas avec l’idée de valoriser nos collégiens les plus investis. Tout cela devrait prochainement pouvoir être suivi de près grâce à un site web en préparation – par des collégiens, dans le cadre de leur projet citoyen ! ».

 

     Les soutenances ainsi terminées, l’année se termine finalement par un buffet, organisé entièrement, et c’est à souligner, par la seule bonne volonté des élèves et le personnel enseignant et administratif du CSD et de la faculté. Fiers des projets soutenus, les collégiens peuvent ainsi partir en vacances tous enrichis de ce qu’ils ont pu y apprendre et satisfaits de leurs choix d’en faire plus pour leurs avenirs.

 

     Enfin, nous avons décidé de laisser le mot de la fin au professeur Gaillet qui offre aux lecteurs et étudiants intéressés par cette formation, un commentaire complet des soutenances de cette année ainsi qu’une liste des sujets soutenus pour que vous puissiez contacter, si besoin, ces nouveaux experts dans leurs domaines :

 

     « En ma qualité de directrice du Collège Supérieur de Droit, je voudrais, par ces quelques mots, saluer le travail et les prestations des collégiens, qui ont su clore leur année avec des soutenances de grande qualité. Tout ceci n’aurait pas été possible sans leurs directeurs, les formatrices des bibliothèques, l’appui précieux de la gestionnaire du Collège, Cécile Frossard, mais aussi de tous ceux qui nous ont soutenus, à toutes les étapes des projets et de leurs réalisations ainsi que le Décodé de nous accueillir dans ses colonnes et de nous prêter la plume de qualité de son équipe, je vous propose ici quelques bribes d’impressions, au sortir des soutenances – la liste complète des travaux auxquels il est fait référence se trouve en fin de papier.  

 

Des présentations vivantes et dynamiques. Pour l’originalité des mémoires collectifs citons, en guise d’exemples, l’intégration d’un groupe de travail dans un colloque (« Les libertés individuelles face aux technosciences ») ou la diffusion, lors des soutenances, d’un morceau du violon de Rostropovitch, au pied du mur de Berlin (« Murs, frontières »). Autres exemples, pêle-mêle de la belle prise de liberté pour les CSD2  : soutenances associant vidéos et exemples d’actualité (Supiot), procès fictif (Simenon), « dialogue platonicien » (Arendt), arrivée théâtrale sur fond d’écran enneigé, et fond sonore, Brel chantant « pourquoi faut-il que les hommes s’ennuient » (Giono), extrait commenté d’une mise en scène (Shakespeare), sans compter la belle conférence présentée par Maître Moyart, invité à Toulouse, en avant-première, pour une conférence qui a fait « amphi comble » le 17 mai 2018.

 

Un hommage au travail d’équipe : aux dires des collégiens : l’exercice était « fondamentalement nouveau », mais les difficultés, inévitables pour de tels travaux associant trois à cinq étudiants, ont été « résolues dans la discussion », aidées par les directeurs et les formatrices de la BU.  

 

Une approche du travail de recherche réussie. Les difficultés liées au caractère large et ambitieux des sujets, parfois déconcertants, ont été en grande partie surmontées. En définitive, il faut louer un travail original et approfondi, sur des sources diverses, telles des archives, des films, des journaux grand public, la réalisation de sondages, d’interview et d’enquêtes ainsi que l’attention accordée aux expertises.

 

Des sujets salués par la plupart des étudiants, conformes à la philosophie d’ouverture du CSD – des soutenances qui révèlent l’intérêt de ces sujets… Les sujets étaient volontairement larges, le plus souvent interdisciplinaires, touchant par exemple à des personnalités – intégrant donc des réflexions biographiques (ex : « Simone Veil ») – ou des thèmes sollicitant l’importance de l’aspect historique ou éthique des questions. Plusieurs groupes ont dû traiter des thèmes controversés comme les rapports entre la liberté et la sécurité dans « l’espace public » ou face aux « murs et frontières », rappelant aux collégiens qu’il est nécessaire de rester en alerte face aux évolutions du droit, de la société et de la politique.

 

Cette année au CSD a également permis de confirmer l’intérêt du nouvel exercice proposé aux CSD2 qui consistait en un travail collectif sur un ouvrage. Là encore, la qualité des sujets passe par leurs caractères interdisciplinaires, à la diversité des textes, et, toujours, à des questions qui résonnent dans l’actualité. Comment penser la révolution, dans ses rapports si difficiles avec la violence comme avec la liberté ? (Arendt) ; Comment observer la nature humaine qui peut rendre par trop pessimiste (Giono) ?

 

À ce dernier égard, c’est toutefois l’optimisme qui prime, si l’on s’attache aux belles prestations de tous, au buffet final, sans oublier les projets citoyens des CSD3.

 

Merci à tous et rendez-vous l’an prochain ! ».

 

Thomas BUGADA

 

Pour un aperçu des sujets

 

CSD1 :

 

-       L’agriculture a-t-elle une place en ville ? (L’agriculture urbaine) – Dir. C. Hermon

-       Enquête sur un parcours sombre : Jacques Cartonnet – Dir. Y. Pourcher

-       Le traitement médiatique de la réforme du droit du travail (loi dite "loi travail", 2017) – Dir. J.-C. Gaven

-       Alfred Hitchcock – Dir. J. Viguier

-       Simone Veil, l’émancipation de la femme « dans un monde d’hommes » - Dir. M. Marty

-       Les lanceurs d’alerte – Dir. L. Calandri

-       Le corps humain au risque du marché – Dir. I. Poirot-Mazères

-       Vers un droit des robots ? – Dir. J. Julien

-       Murs, frontières, libre circulation – Dir. Chr. Mengès-Lepape

-       Bernie Sanders – Dir. A. Gaillet

-       L’insoumission – Dir. M.-H. Gozzi

-       L’espace public – Dir. S. Mouton

-       La guerre de sécession : quels enseignements pour l’Europe ?- Dir. F.-V. Guiot

-       L’intime conviction du juge : la preuve pénale en débat – Dir. L. Azéma

-       La justice prédictive - Dir. J. Théron

-       La fraternité dans la devise républicaine française – Dir. A. Gaillet

-       Tocqueville et la démocratie européenne – Dir. L. Rass-Masson

-       Les technosciences menacent-elles les libertés individuelles – Dir. E. Debaets

 

-       N’oublions pas non plus :

-       - les Sujets à distance autour des « Gens du voyage » - Dir. L. Corbion

-       - Sujets donnés à l’antenne Montauban du CSD:

-       La prescription en droit pénal français et dans les pays du Common Law – Dir. B. de Lestrade

-       La distinction entre réfugiés politiques et économiques est-elle pertinente? – Dir. H. Mouannes

-       La peine de mort, entre sanction pénale et crime d’État – Dir. H. Mouannes

 

CSD2

 

-       Max Weber, Le Savant et le politique, 1917-19 – Dir. D. Espagno

-       Georges Simenon, Les fiançailles de M. Hire, 1933 – Dir. A. Botton

-       Michel Foucault, Surveiller et punir, 1975 – Dir. J. Schmitz

-       La Boétie, Discours de la servitude volontaire, 1576 – Dir. M. Bassano

-       Alain Supiot. La gouvernance par les nombres, 2015 – Dir. A. Duranthon

-       Victor Hugo, Ce que c’est que l’exil, 1875 – Dir. W. Mastor

-       Hannah Arendt, Essai sur la révolution, 1963 – Dir. N. Perlo

-       Jean Giono, Un roi sans divertissement, 1947 – Dir. G. Beaussonie

-       Shakespeare, Richard II, 1595 – Dir. M. Carpentier

-       Maître Mo, Au guet-apens, 2011 – Dir. V. NDior

 

CSD3

 

-       Étude empirique de la Justice restaurative en France / enquête scientifique et de terrain

-       Action collective dans l’affaire « Levothyrox » / travail avec un avocat

-       Les mariages forcés et les mutations sexuelles féminines / Collaboration avec l’Association « Ta vie en main »

-       La réglementation du corps dans le monde du mannequinat – enquêtes de terrain (sondages, travail avec une psychologue)

-       Aide juridique en direction des populations exilées et réfugiées dans la région toulousaine – travail avec l’association RETSER

-       La promotion et l’accès aux droits pour les personnes en situation de handicap / Travail auprès du Défenseur des droits
-       La promotion du notariat au service des citoyens


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