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LA RENTREE DE L’« ESPACE CULTUREL » D’UT1

 

Le Décodé : Bonjour Madame GERY ! Pour cette entrevue, vous serez accompagnée de Judith, stagiaire à l’Espace Culturel le temps de l’été et étudiante en Master 2 droit des médias à la rentrée.  Pouvez-vous vous présenter brièvement pour nos lecteurs ?

Paule GERY : Bonjour cher Julien ! Je suis la responsable de l’Espace culturel, le service dédié aux questions « art et culture » sur notre campus. Jeanne LECOMTE m’assiste au quotidien. Elle n’est pas avec nous aujourd’hui mais les étudiants auront l’occasion de la rencontrer en nous rendant visite dès la rentrée !

Judith REBOUL : Bonjour ! Jusqu’à fin juillet je suis en stage à l’Espace culturel. En même temps je suis étudiante à l’UT1, bientôt en Master 2 Droit des médias et de la communication.

Notre échange étant retranscrit pour le numéro de rentrée, la plupart des lecteurs seront de nouveaux étudiants qui ne connaissent pas encore l’Espace Culturel de leur université. De quoi s’agit-il ?

PG : L’Espace culturel porte la politique culturelle du campus. Sa mission consiste à proposer une offre artistique et culturelle aux étudiants, à la communauté universitaire et plus largement inscrite dans le territoire toulousain. Au cœur de cette politique, il y a l’ouverture. Ouverture des esprits, ouverture à l’Autre, et ouverture sur le monde. Si nous réfléchissons une programmation culturelle pour les étudiants, nous l’adressons également aux enseignants et chercheurs, aux personnels de l’université et au public extérieur. L’idée est d’affranchir les frontières symboliques entre le campus et la ville, faire de notre campus un lieu de rendez-vous culturels et de partage des savoirs, en montrer l’émulation intellectuelle et la mettre à la portée de tous. Concrètement nous travaillons sur plusieurs axes. La mise en présence d’œuvres directement sur le campus est un élément central de notre politique. Il faut que les étudiants puissent croiser des œuvres d’art, des artistes dans leur lieu de vie quotidien, qu’ils puissent entrer en interaction avec ces œuvres dans une démarche de découverte, de dialogue.  On se doit de penser la diversité, la multitude d’approches et de style, de la musique à la danse, de l’art classique à l’art contemporain. Et d’être imaginatifs pour que la rencontre soit inattendue ! Du mobilier du campus a d’ailleurs été détourné pour en faire des surfaces d’exposition.

En ce moment même ?

PG : Nous nous sommes emparés d’un panneau d’affichage urbain, étonnamment planté sur le chemin qui mène à la cafétéria Arsenal que l’on a appelé « Galerie Si ». Tous les mois, un artiste est invité à exposer une œuvre. Autre détournement de mobilier : une forêt de panneaux auparavant dédiés aux emplois du temps et résultats d’examens dans la rue intérieure sud. Cet espace a été investi par l’exposition « Visualiser un problème » au printemps 2019, un événement organisé avec l’Ēcole des Beaux-arts. Les travaux d’étudiants-artistes ont été exposés dans les quarante panneaux sous la direction bienveillante d’Ana SCRIVENER et Etienne CLIQUET, respectivement enseignante en philosophie et artiste. Etienne est tombé sous le charme de ce lieu en y décelant une potentialité plastique énorme. Je lui ai donc proposé de s’emparer de l’espace l’automne prochain. On aura donc une grande exposition de ses créations, du 30 septembre, jour de vernissage – l’invitation est maintenant lancée à tous les lecteurs du Décodé ! - jusqu’au 10 janvier. Pour le moment, je ne peux rien vous révéler sur le contenu de cette exposition car l’artiste est en phase de production tout l’été. Etienne a toute liberté, ce que je peux dire c’est qu’il est parti sur l’idée de « rue intérieure ». Cette dichotomie l’intéresse, c’est un lieu public mais dans un bâtiment, sur un campus, donc un lieu qui se veut ouvert, un lieu dans lequel on peut circuler mais qui n’est connu que pour les usagers ou les habitués. Fin septembre, un accrochage à vue aura lieu durant les jours précédant le vernissage, l’occasion donnée à tous d’échanger directement avec l’artiste en plein travail !

D’ailleurs au-delà du fond traité par l’artiste, c’est la forme qui semble très intéressante. Comme vous l’avez expliqué, les panneaux d’affichage servaient exclusivement à la scolarité alors que maintenant des objets artistiques y prennent place. Est-ce que cela pourrait illustrer le sens de l’université ? Une manière d’être dans l’université et hors de l’université ?

Oui tout à fait ! C’est évidemment une passerelle, comme l’est l’art - l’art est toujours une rencontre avec l’Autre ! Une œuvre emporte avec elle une vision du monde qui n’est pas la sienne, c’est l’étrange, c’est l’autre que soi. D’ailleurs l’Espace culturel travaille toujours avec cet aller-retour : très concrètement nous sommes en lien avec l’extérieur du campus via de nombreux partenariats. La confrontation avec des œuvres d’art sur le campus s’accompagne aussi de l’incitation à aller découvrir des œuvres à l’extérieur du campus. Les étudiants n’ont pas vocation à rester toute leur vie sur le campus, et le soir il y a aussi une vie en-dehors du campus, bien heureusement ! L’idée n’est pas de les retenir ici mais de leur donner envie, de créer un pont entre le campus et la ville en matière de rencontres artistiques et d’enrichir leur appétit culturel. Peut-être peut-on ici citer les visites guidées organisées dans les musées partenaires, notamment à Saint-Raymond, avec l’exposition « Age of classics, l’art antique dans la culture pop ». Comment les artistes contemporains s’inspirent et gardent comme socle la culture grecque et romaine ? Peut-on mesurer l’influence de l’antiquité occidentale sur les autres cultures ? Venez le découvrir fin septembre !!

L’événement que vous venez de citer est une partie de l’offre culturelle proposée j’imagine ! Durant l’année universitaire, d’autres événements auront lieu certainement. Est-ce qu’en exclusivité nous pourrions avoir des indices sur les grands événements à venir ?

Au moment où l’on se parle, la programmation est en phase de bouclage : juin-juillet est une période intense de travail pour l’Espace Culturel ! Lorsque les étudiants terminent leurs examens et quittent le campus, du côté de l’Espace Culturel nous sommes en pleine ébullition pour concocter une saison alléchante. Il y aura bien sûr des nouveautés pour l’année prochaine ! Ces derniers jours, nous avons travaillée avec Judith sur la billetterie à tarifs réduits : encore une autre façon de découvrir la création contemporaine et classique dans des lieux partenaires à très petits prix et ainsi s’offrir de la surprise et se forger une solide culture. Nous changeons également l’identité visuelle de la brochure trimestrielle. Pour s’emparer de cet objet, nous avons choisi de confier ce projet à une artiste-graphiste. Cette brochure est un moyen privilégié pour communiquer vers la communauté universitaire et le monde extérieur, nous voulons que ce soit un objet qui amuse l’œil ! Enfin peut-être que lorsque vos lecteurs verront ces lignes l’évènement aura déjà eu lieu : dès le premier lundi de cours (le lundi 9 septembre), nous aurons le plaisir de leur offrir une performance-concert sur l’heure du déjeuner dans le hall de l’arsenal - c’est une première ! La performance sera dédiée à « Piano aux Jacobins », un festival reconnu autant au niveau local qu’international qui fête ses quarante ans ! Ce festival est né sur le campus grâce à deux étudiants qui en sont restés les deux co-directeurs. Les tout premiers concerts de « Piano aux  Jacobins » se sont déroulés dans l’amphithéâtre Despax à l’époque ! Accueillir cette performance, c’est une façon de montrer aux nouveaux étudiants que l’Université est un lieu des possibles. C’est le beau message que l’Espace culturel souhaite porter auprès des jeunes tout juste sortis du lycée mais aussi vers toute la communauté universitaire : une piqûre de rappel ne fait jamais de mal ! L’Université ne se résume pas aux cours, se former c’est s’élever par-delà les amphithéâtres pour découvrir par soi-même un nouvel environnement, un nouveau monde. Etudiants, « Osez penser », « sapere aude » comme nous le commande Kant !

L’Espace Culturel permet de compléter l’offre universitaire. Des évènements étaient directement en lien avec certains cursus, je pense notamment au Master 2 Droit des médias avec la journée thématique « Sexe & cinéma » …

Oui en mars 2019 ! Nous travaillons souvent en complicité avec les enseignants-chercheurs et les étudiants.   Lorsque des thématiques ou des manifestations universitaires s’y prêtent on leur offre un volet culturel. Pour la journée de réflexion « Sexe & cinéma », on a travaillé avec un groupe d’étudiants du M2 Droit des médias et de la communication, leur directrice, Laurence CALANDRI, et leur responsable pédagogique, Abdesslam DJAZOULI. Un partenariat avec le cinéma Utopia de Tournefeuille a permis l’organisation d’une soirée de clôture avec la projection-débat autour du film La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche. Les étudiants ont été formidables ainsi que l’équipe enseignante, avec de l’envie et d’aussi belles idées, le « cocktail » fonctionne merveilleusement !

Parmi ces idées, ces évènements, une grande quantité est proposée chaque année aux étudiants mais comment les sélectionne-t-on ?

Sélectionner c’est frustrant car comme le dit André Gide « choisir c’est renoncer » [rires]. En matière d’art et de culture, nous sommes insatiables de manifestations culturelles et c’est parfois dommage de choisir entre l’une ou l’autre ! Les choix s’opèrent parfois de façon triviale avec les contraintes de calendrier par exemple. On ne réalise pas d’évènements culturels sur le campus durant les vacances et les périodes d’examens, ce serait frustrant pour tout le monde. Autre contrainte d’importance, l’université n’a pas de lieu attitré et équipé pour la culture. De nombreux projets ne peuvent donc pas y être montrés. Nous détournons parfois du mobilier urbain à des fins d’exposition ou on occupe des espaces communs comme le hall de l’arsenal. Mais nous n’en sommes pas les seuls occupants, d’autres projets - pas nécessairement culturels-  l’utilisent aussi et ils sont nombreux. On occupe quand on peut les amphithéâtres également. Le fait que nous n’ayons pas d’espace dédié à la culture nous impose des contraintes techniques : certains projets nous obligent à une obscurité complète, ce que nous ne pouvons pas faire. D’autres projets supposent de la musique dans le hall alors que juste au-dessus des cours ont lieu : cohabitation impossible ! Ce sont toutes ces contraintes qui nous obligent à choisir. Travailler « sur projet » requiert une force d’adaptation, et un peu d’abnégation pour évoluer de l’idée initiale au projet final en passant le filtre des contraintes, en ayant toujours en tête l’objectif de s’adresser à l’ensemble de la communauté universitaire.

Pour donner un avant-goût aux étudiants des évènements proposés, Judith, est-ce que vous avez eu la chance de participer à des événements culturels et, par la même occasion, partager vos impressions ?

JR : Ce que je conseillerai avant tout ce sont les « bons plans » qui permettent aux étudiants d’accéder des fois à des événements gratuits mais aussi des manifestations culturelles dans Toulouse. Mais la billetterie également  : que l’on soit toulousain ou de l’extérieur, comme c’était mon cas en L3 on ne connait pas beaucoup d’endroits, on traîne avec des personnes de notre âge et qui n’ont pas non plus cette habitude d’aller vers des théâtres ou d’autres lieux de cultures. Ce sont des bâtiments magnifiques qui nous propulsent en dehors de notre zone de confort et qui sont très rafraîchissants ! Cela permet aussi de ne pas rester chez soi et céder à la facilité d’aller sur Netflix mais plutôt de sortir et d’aller à la rencontre d’autre chose. C’est aussi une façon de découvrir Toulouse d’une autre façon, c’est une approche culturelle ! Et même à l’intérieur du campus ! Je garde par exemple un très bon souvenir de la « Galerie  Si » et de ses poissons, le panneau d’exposition situé dans les couloirs de la fac, un clin d’œil qui parlera peut-être à certains étudiants !

Concernant les « bons plans », de quoi s’agit-il exactement ?

JR : L’année dernière je n’ai pas eu vraiment d’occasion pour en profiter. C’est maintenant, en travaillant sur le programme de l’année prochaine, que je me rends compte de mon manque de curiosité, je regrette profondément de ne pas avoir été aussi attentive à ses événements ! Il y a beaucoup de concerts gratuits un peu partout dans Toulouse. Dans un autre style on peut retrouver la « nuit des autrices » dès la rentrée ou bien « Le jour de la danse » début octobre ! L’idée est de faire le pas et de découvrir par soi-même ces bons plans et j’invite vivement les étudiants à être curieux. C’est un plus dans le parcours universitaire !

Justement, où peut-on trouver ces « bons plans » ? Sur le site de « l’Espace culturel », sur une page Facebook ?

JR : En effet, il y a une page Facebook qu’il ne faut pas hésiter à aimer (ndlr: page Fb CultureUT1Capitole), tout le programme s’y trouve, notamment le fameux programme semestriel. Sur le site UT1 de « l’Espace culturel » ou encore la page Twitter (page Twitter @cultureUT1C) on peut trouver toutes les actualités et informations nécessaires !

Madame GERY, avant de conclure cette entrevue, pouvez-vous nous rappeler les évènements culturels de la rentrée ?

PG : Dès la rentrée, nous avons une performance « Piano aux Jacobins », puis nous enchaînons avec notre rendez-vous « Cinespaña », le festival de film documentaire « Point Doc », la Compagnie Jeanne Simone et son dispositif participatif La Grande surface, l’expo sur la Justice des Capitouls, la programmation mensuelle de la Galerie Si dont une superbe belle création de Pascal HERPE. Par ailleurs, certains des ateliers de pratique artistique seront renforcés l’année prochaine et s’ouvrent à la bonification ! Pour la MAO, nous prévoyons un peu plus de séances que l’an passé et deux petits stages de fabrication d’instruments de musique électronique - même réalisables à la maison ! s’ajoutent. La photographie monte en puissance avec notamment un groupe de perfectionnement en « photo argentique ». L’atelier de photo numérique verra ses séances augmenter avec des stages aussi certains samedi ! La chorale rock mise beaucoup plus sur la culture musicale, cette année on s’intéressera aux chansons du club des 27 tels que Jim MORISSON, Jimi HENDRIX, Amy WINEHOUSE… ces rockeurs et rockeuses de talent qui nous quittaient à 27 ans. La chorale a fait des émules ! Le campus de Paul Sabatier a choisi de nous suivre et ouvre également une chorale rock avec le même répertoire et le même intervenant que nous, Martin FEUILLERAC, la restitution de fin d’année sera donc commune ! La lecture à haute voix continuera au second semestre, cette année nous nous intéresseront à l’autrice contemporaine Leslie KAPLAN… entre autres textes !

Merci Madame GERY et Judith pour cette entrevue, je vous laisse le mot de la fin pour vous adresser directement aux étudiants !

PG : Venez nous voir avec vos projets !

Et Judith en tant qu’ancienne nouvelle à Toulouse ?

J : N’hésitez pas à sortir de votre zone de confort pour découvrir Toulouse sous un angle différent !

 

 

Entrevue réalisée par Julien VILAR

 


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