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Le débat européen s’exporte à UT1

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Chaque année, l’Association Europa Toulouse organise au travers d’un pôle dédié une simulation du Parlement européen, la Simul’UE. Deux jours intenses de débats se sont tenus dans les locaux de l’Université Toulouse 1 Capitole, durant lesquels chaque participant se voit attribuer un rôle (député, secrétaire assesseur juridique ou président de commission) et un bord politique.

Europa Toulouse, une association pleine d’ambitions

Si vous êtes étudiant à UT1, vous avez sans doute dû entendre parler d’Europa Toulouse. Refondée en 2017, cette association étudiante vise à promouvoir les problématiques européennes auprès de tout public en alliant pédagogie et neutralité. S’inscrivant dans une logique pro-européenne, l’association, bien qu’importante dans le campus d’UT1, n’hésite pas à s’ouvrir vers l’extérieur via l’organisation d’évènement locaux et internationaux.

Grâce à ses nombreux bénévoles, Europa Toulouse mène plusieurs projets divers : entre conférences, café-débats, soirées, simulations, voyages d’études dans les institutions européennes et participation à la SPECQUE, tout est mis en œuvre pour attirer le maximum de gens et dynamiser la vie universitaire.

 

Le droit d’asile s’invite à la fac

Le 26 juin 2013, le Parlement européen et le Conseil adoptent la directive 2013/33/UE. Ce texte établit des normes pour l’accueil des personnes demandant la protection internationale. Adopté à la suite de la crise migratoire qu’a connue l’Europe, il était nécessaire d’adapter et remanier la politique en matière de droit d’asile pour un meilleur accueil et une meilleure répartition entre les pays membre de l’Union Européenne.

C’est sur ce thème qu’a débattu la trentaine d’étudiants réunis pour l’occasion les 17 et 18 janvier 2020. Pendant deux jours, plusieurs étudiants se sont glissés dans la peau d’un député européen pour débattre et amender cette directive. Des joutes verbales, jusqu’aux compromis conclus par les négociations et amendements, l’Université Toulouse 1 Capitole a vibré au rythme de Strasbourg le temps de deux journées pleines de souvenirs.

Au-delà de cette simulation, l’association Europa avait organisé une conférence sur le droit d’asile dans l’Union pour permettre aux futurs participant notamment de se mettre en jambes et de se faire une idée de leur sujet.

La force d’Europa est sans doute sa diversité. Cet événement ouvert à tous a accueilli des étudiants de domaines différents (licence de géographie, AES) allant même jusqu’à la participation d’un doctorant en droit public.

 

Cap sur la SPECQUE

En juillet 2020, se tiendra la XXIIIe édition de la SPECQUE à Laval au Canada, la simulation du Parlement européen Canada-Québec-Europe. Il s’agit là de la plus importante simulation francophone du Parlement européen au monde. Fondée en 1998 par des étudiants, elle permet à ces derniers d’incarner dignement les commissaires, rapporteurs, présidents d’assemblées, eurodéputés, représentants de groupe d’intérêts, ou encore la presse, pour mieux comprendre le fonctionnement des institutions européennes et les enjeux liés à l’Union européenne. Pendant une semaine, c’est environ 200 participants qui travailleront en équipe sur un ensemble de textes. Du débat en assemblée, au travail législatif en commission, en passant par les négociations et amendements, toutes les étapes du processus législatif européen seront au menu de cette édition.

Cet événement riche d’opportunités permet à des étudiants motivés et dynamiques de développer leurs qualités oratoires, leur sens de l’initiative et de la négociation tout en contribuant à une meilleure compréhension de la démocratie européenne et de l’importance du débat.

Au-delà de son aspect pédagogique, la SPECQUE met en avant l’apolitisme et la non-partisannerie. Les participants sont alors libres d’exprimer leurs propres prises de positions afin de les pousser à s’impliquer pleinement et personnellement dans la simulation. Cet exercice extrêmement immersif créé des liens forts entre les délégations elles-mêmes, mais également par la mise en relation d’étudiants aux parcours universitaires, profils et horizons différents. Nous souhaitons à Europa Toulouse et sa délégation un beau combat et de belles négociations !

 

Ils ont participés

Pour Arnaud Almaric, étudiant en M2 droit public général, cet événement pousse à défendre un camp qui n’est pas le sien, ce qui n’est pas forcément simple, mais qui permet de pouvoir prendre une certaine hauteur dans le débat. Intéressé par l’art oratoire et déjà participant l’an dernier, Arnaud n’a pas eu grand mal à préparer cette édition, d’une part parce que c’est conciliable avec les cours, mais également parce que le texte est connu à l’avance. Selon lui, c’est davantage une question d’organisation. Arnaud conseille fortement cet événement qui permet de rencontrer des gens, de prendre de l’aisance à l’oral, dans une université où l’oral prend une place importante et d’acquérir de l’expérience dans un domaine où les professions juridiques sont majoritairement orales.

De son coté, Alexandre Salavert est étudiant en deuxième année de droit et participe pour la première fois. La Simul’UE lui permet avant tout de préparer la SPECQUE à laquelle il participera en août prochain. Celui qui ne s’était pas imaginé participer à un tel évènement il y a quelques mois conseille d’y participer afin de s’entraîner et de prendre confiance à l’oral.

Enfin, Clara Iché, étudiante entre L3 droit public et pour qui c’était également la première participation, souligne l’apport de participer à cette édition. Selon elle, cela permet de se projeter professionnellement, d’acquérir une expérience mais aussi de comprendre le fonctionnement de l’Union Européenne. Cette étudiante, déjà à l’aise à l’oral de par son passé sur les planches de théâtre, n’a pas hésité une seconde quand elle a vu cet événement, d’autant plus que cela constituait un entrainement pour la SPECQUE à laquelle elle participera. Bien que non-spécialiste en droit européen et en droit d’asile, Clara n’a pas rencontré de difficultés pour préparer cette édition. Sensibilisée par la conférence organisée par Europa et accompagnée via la rédaction de fiches, elle a pu facilement se glisser dans la peau d’un député européen le temps d’un instant. Décrivant la participation à la Simul’UE comme une expérience enrichissante et un plus qui permet de se démarquer des autres dans la vie professionnelle, Clara invite les étudiants à pousser la porte d’Europa Toulouse pour prendre à leur tour, la parole sur de tels sujets.

 

 

Les mots de l’organisation

1/ Chaque année, l’association Europa propose de nombreux évènements. Aujourd’hui nous avons eu l’occasion de découvrir à travers la Simul’UE. Pourquoi avoir mis en place cet évènement ?

Léa Gagnepain : Cette année c’était la 4e édition de la Simul’UE. Europa Toulouse a été fondée à l’origine pour représenter la délégation toulousaine de la SPECQUE. Il était donc logique pour les membres de l’époque d’organiser un tel événement à l’échelle d’UT1. Cet événement a été soutenu et organisé au fil des années avec d’autres associations de la fac comme les Jeunes Européens ou European Horizons. Il a été reconduit face à la réussite de ce dernier et de l’enthousiasme des participants. En effet, c’est un très bon exercice de prise de parole en public et pour la plupart des participants, c’est leur premier entraînement. Il permet également de travailler en groupe, avec des personnes qu’on ne connaît pas forcément, parfois avec la pression d’un temps imparti et défendre des idées auxquelles on n’adhère pas forcément.
 

2/ L’exercice proposé par cet évènement, par le biais de la prise de parole en public, est-il accessible seulement aux étudiants poursuivant des études juridiques ? 

Léa Gagnepain : Cet événement s’adresse à tout le monde, quel que soit le niveau et le cursus. Cette année encore il y avait des participants de la L1 au M2, de droit, science po, AES, TSM, économie, géographie, mais également un doctorant et un futur avocat.
 

3/ Le choix du thème qui s’imposait ici était le droit d’asile en Europe, pourquoi avez-vous choisi ce thème au détriment d’un autre ?

Léa Gagnepain : Le thème a été choisi cet été, avec mon équipe nous avons cherché les textes qui sont aujourd’hui débattus au Parlement européen ou en tous cas inscrits à l’agenda parlementaire. Il faut également faire attention à choisir un texte « facile », pas trop technique ou trop précis. Enfin, il faut un texte sur un thème d’actualité susceptible d’attirer du monde et surtout de créer le débat. Arrivé à ce stade il n’y plus énormément de choix, et le nôtre s’est porté sur la directive de 2013 sur les normes d’accueil des personnes demandant la protection internationale. Personnellement, c’était un texte/thème qui me tenait à cœur, et qui pour moi était important de remettre dans les discussions actuelles.
 

4/ La participation nécessite-t-elle une appétence pour la matière européenne ? 

Léa Gagnepain : Pas nécessairement, comme je l’ai dit, il y a toute sorte de profil qui participe. Certains sont motivés par l’attrait qu’ils ont du droit européen, d’autres pour la politique ou encore l’éloquence. Les motivations de chacun sont différentes et personnelles et c’est cela qui participe à la réussite de l’événement. Ce n’est pas un concours, mais une simulation et là ou certains seront plus à l’aise à l’oral, d’autres seront très actifs dans les négociations et d’autres dans les arguments juridiques ou politiques. Bien sûr il faut quand même un certain intérêt pour la politique et l’actualité, et ne pas s’arrêter à la dimension nationale. 

 

5/ L’association Europa nous réserve-t-elle d’autres évènements qu’ils soient axés sur le débat ou autre ?

Léa Gagnepain : Oui plusieurs événements sont encore projet. Des conférences-débats et café-débats seront organisés au cours du semestre, mais le plus gros projet est la SPECQUE qui se déroulera en août prochain à Québec. La délégation a été sélectionnée en novembre 2019 et la préparation a commencé dès janvier, car l’ampleur de l’événement n’est pas la même que la Simul’UE et demande une bonne maîtrise des textes européens.
 

6/ D’après vous, quel joue le rôle du débat européen aujourd’hui ?

Léa Gagnepain : Je pense que malheureusement il n’a pas le rôle qu’il devrait avoir, on est encore sur un débat très franco-français et à mon sens, il est important de l’ouvrir à plus de dimension européenne, et cela, dans tous les domaines, pour toutes les questions de société. La plupart des gens le pensent réserver à l’élite politique alors qu’il concerne tout le monde. Notamment, je pense que les campagnes sont les moins touchés par l’action européenne alors qu’ils sont concernés par les décisions prises. Et pour cela l’engagement de chacun est important, même à l’échelle d’Europa.
 

Nawel Barnat et Thibaut Lacroix


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